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Côtes-d'Armor : nouvel incident chimique à la carrière Imerys de Glomel

Les Échos · 22/09/2026 · ← revue

Nouvel incident à la carrière d'Imerys de Glomel, dans les Côtes-d'Armor. Jeudi 17 septembre au matin, un mélange accidentel de produits chimiques a provoqué un dégagement de fumée dans l'atelier de flottation. Le groupe français, qui a réalisé 3,38 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2025, exploite à Glomel une mine d'andalousite, considérée comme l'une des principales au monde. Alertés à 8 h 45, les services de l'Etat ont déployé un important dispositif de secours et l'usine a été évacuée. Six personnes ont été prises en charge par précaution et l'une d'elles transportée au centre hospitalier de Carhaix. Quarante-trois sapeurs-pompiers, dont neuf venus du Finistère, et dix engins ont été mobilisés. Un périmètre de sécurité de 300 mètres a été établi autour du site. Selon la préfecture, les faibles quantités déversées ne laissent pas craindre de conséquence pour la santé ou l'environnement au-delà des six personnes impliquées. Imerys indique que celles-ci « vont bien ».

La reprise de l'usine sous conditions

L'épisode fait suite à deux précédents déclarés par l'exploitant, en décembre 2025 puis en février 2026. À la suite de fortes précipitations, des eaux non traitées avaient alors été rejetées dans le milieu naturel. Selon la préfecture, « ces épisodes n'ont pas eu d'impacts importants sur l'environnement », les fortes pluies ayant favorisé leur dilution et les dispositifs de protection ayant rempli leur rôle. La préfecture avait déjà convoqué la direction du groupe pour examiner les suites données à ces rejets. Après l'accident du 17 septembre, elle annonce un arrêté préfectoral portant mesures d'urgence ainsi qu'une mise en demeure. La réouverture de l'usine de flottation, où se trouve la cuve concernée, sera conditionnée à « une sécurisation complète » de la zone. L'exploitation minière n'est, elle, pas arrêtée. L'usine de traitement doit également pouvoir reprendre rapidement.

Le volet judiciaire se poursuit

Le parquet de Saint-Brieuc a également ouvert une enquête à la suite de l'incident. Elle intervient alors qu'une autre procédure porte sur de possibles rejets chimiques sur le site, à la suite de signalements concernant des faits remontant à 2021. Selon les éléments du dossier, un ancien salarié avait fait état du déversement, en juillet 2021, de 3.000 à 3.500 litres de réactifs chimiques sur le sol. Le parquet doit établir la matérialité des faits, leurs causes, les éventuelles responsabilités pénales et l'existence d'un impact environnemental ou sanitaire. Le suivi environnemental de la carrière suscite également des interrogations. L'association Eau & Rivières de Bretagne a récemment saisi le préfet et déposé plainte auprès du parquet, réclamant davantage de transparence.

Stéphanie Bescond