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École nationale d’ingénieurs de Brest : « On ne peut plus se satisfaire d’un ingénieur hors des enjeux politiques »

Ouest-France · 21/09/2026 · ← revue

Sébastien Chambres, directeur de l’École nationale d’ingénieurs de Brest (Finistère), répond à nos questions.

Les représentants des étudiants disent leur soulagement d’une rentrée apaisée, avec en point d’orgue la réouverture de leur foyer. Une rentrée « normale », ça fait du bien ?

Clairement, et ce n’était pas gagné d’avance après une année de transition institutionnelle (l’Enib est devenue en mars 2025 une école interne du nouveau Bretagne INP, né de la fusion avec l’Esiab et l’IAE de Brest) et les tensions multiples. La nomination de Bertrand Raquet comme administrateur intérimaire de l’INP Bretagne a changé la donne. Cela permet un travail serein, motivant et structurant, après des mois d’incertitude sur la gouvernance. On se sent écoutés, il orchestre les choses avec respect en impulsant une démarche collective. Les élections du prochain président auront lieu dans trois à quatre mois, au terme d’une campagne que nous voulons sereine et démocratique.

Dans ce contexte apaisé, quels sont les objectifs de l’Enib ?

Nous travaillons à donner une identité claire à notre école. Derrière notre spécialisation historique en mécatronique, informatique et électronique, quelle est notre projection réelle dans le monde du travail de demain ? La question qui nous anime, c’est : c’est quoi l’ingénieur de demain ? On ne peut plus se satisfaire de cette figure de l’ingénieur qui se tiendrait hors des enjeux politiques et sociétaux.

L’Enib doit s’affirmer dans ce virage, déjà entrepris depuis plusieurs années. L’ingénieur d’aujourd’hui a du mal à ne pas questionner ce à quoi il contribue : les questions sociétales, la place du vivant, deviennent centrales, surtout après un été où la nature a brûlé. Les étudiants sont plus exigeants sur le sens de leur formation : nous les aidons à trouver qui ils veulent devenir.

Cela passe aussi par la féminisation des effectifs ?

En effet, un travail de fond, mené sur la durée par l’ensemble des services de l’école. Cette année, nous comptons 25 % d’étudiantes supplémentaires. Il ne faut surtout pas que ce soit un feu de paille : nous restons très attentifs à ce combat, année après année.

Le directeur de l’Enib est-il heureux en cette rentrée ?

Oui, sincèrement ! On commence enfin à ressentir les effets concrets de notre façon de faire. Tous les canaux de communication sont ouverts, entre nous, comme avec les autres écoles du site : on fait un beau métier, exigeant mais porteur de sens. Ce projet collectif se construit encore, et il reste du travail pour faire adhérer tout le monde, ce qui veut dire parfois savoir aller moins vite. Malgré tout, le débat sur la taxe d’apprentissage reste une préoccupation majeure pour nous tous.