« C’est un véritable atout pour la démocratie » : avant la présidentielle, une assemblée citoyenne est née
La parole aux citoyens ! En cette (presque) fin septembre, la France compte une nouvelle assemblée nationale. Tout aussi politique (mais non partisane) que le Palais Bourbon et bien moins chahutée. Sa mission ? Débattre, dans le calme et le respect, de divers problèmes du quotidien (climat, logement, énergie…), tenter d’y apporter des solutions, avant d’éventuellement les soumettre aux candidats à l’Élysée. Sa durée de vie est limitée dans le temps, jusqu’au mitan de l’hiver, à raison d’un week-end par mois. Au « perchoir » : Jean-Marc Jancovici, un ingénieur spécialisé dans les questions d’énergie et de climat, à l’origine de cette création baptisée « Un commun accord ».
Un agenda de ministre
Les travaux de cette représentation nationale originale ont été lancés ce samedi 19 septembre 2026, au Conservatoire national des arts et métiers, à Paris. À 9 h, 156 hommes et femmes ont pris place dans l’hémicycle qui leur était réservé. La plupart intimidés, mais avides de prendre la parole et de discuter. Tous ont été choisis par un institut de sondages, à partir de 200 000 numéros de téléphone tirés au sort. Ils sont représentatifs de la société. L’un arrive de Nouvelle-Calédonie.
Le plus jeune a 17 ans ; les plus âgés, 80. Au fil des séances, ce lycéen et ces retraités vont confronter leurs points de vue avec un agent d’entretien, une professeure, une juriste, un agriculteur, un conducteur de bus, un charpentier de marine, une médecin, une mère au foyer… Défrayés 102 € par jour de plénière, tous s’attendent à avoir un agenda de ministre. En plus de leur profession et des six fins de semaine parisiennes où ils devront être présents, ils devront se documenter pour peser dans les échanges.
« Un atout pour la démocratie »
« Le but est d’essayer de se mettre collectivement d’accord face à des situations sans solution simple : comment limiter la pollution sans réduire la liberté de circulation ? Comment produire français et de qualité, en gardant des produits bon marché ? Comment se débarrasser du gaz russe sans dépendre des USA ? Autant de dilemmes, parmi d’autres, mis sur la table. Les citoyens auront toujours le dernier mot », insiste Jean-Marc Jancovici.
« Si j’ai accepté de venir ici, c’est pour tenter d’influer sur l’avenir du pays », dit Louis, de Dinan (Côtes-d’Armor). « C’est intéressant de nous donner la parole. J’espère que ce sera constructif », poursuit Lydia, de Caen (Calvados). « C’est un véritable atout pour la démocratie. Certes, j’ai dû déplacer plusieurs rendez-vous professionnels pour venir, mais cela vaut le coup », juge Pierre, de Ploemeur (Morbihan).
C’est durant le week-end des 6 et 7 février que seront dévoilées les propositions de l’assemblée citoyenne. On sera, alors, dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle. Autant d’idées, issues des Français, qui devraient intéresser les candidats encore en lice. Tous les « parlementaires » des arts et métiers l’espèrent en tout cas.
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