Revue de presse

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Menace russe plus élevée, crise des carburants : ce qu'il faut retenir de l'intervention d'Emmanuel Macron

Les Échos · 18/09/2026 · ← revue

Par Isabelle Ficek

Trois heures. C'est le temps qu'ont passé avec Emmanuel Macron dans la nouvelle salle Vega à l'Elysée les chefs de partis et candidats à la présidentielle ce vendredi matin, alors que le président de la République, face à la « dégradation rapide » de la situation géopolitique et des prix du carburant « devenus insupportables », souhaitait les informer davantage. C'est la mine sombre que tour à tour, ils sont ressortis avant la prise de parole du chef de l'Etat pour une conférence de presse. Tous avaient à la bouche en sortant que « vraisemblablement, cette vie chère risque de durer », comme l'a déclaré le candidat LR Bruno Retailleau, en raison à la fois du conflit au Moyen-Orient et du blocage des routes maritimes mais aussi de la guerre de la Russie contre l'Ukraine qui dure. « Il n'y a pas malheureusement aujourd'hui de scénario de désescalade par les Russes, ni au Moyen-Orient », a abondé le premier secrétaire du PS, Olivier Faure.

« Guerre hybride » et « terrorisme d'Etat »

Tous, ou presque, ont remis en avant les aides qu'ils réclament pour les Français. Le président du RN, Jordan Bardella, qui était arrivé en déclarant devant la presse vouloir demander à Emmanuel Macron « d'accepter une baisse des taxes sur le carburant », est ressorti en assurant que la question du pouvoir d'achat avait été balayée par le chef de l'Etat. A l'inverse des autres participants, le président du parti d'extrême droite n'a en revanche pas dit un mot sur la menace russe évoquée pendant la réunion. Bruno Retailleau a, lui, expliqué qu'il avait été question de la « guerre hybride » menée par la Russie et que le mot de « terrorisme d'Etat » avait été prononcé. « Il y a un état d'urgence sociale et je n'ai pas entendu que le président et le Premier ministre allaient y répondre […], ils n'ont pas pris la mesure de la situation […] explosive », a martelé de son côté le coordinateur national de La France insoumise, Manuel Bompard. « J'ai été frappé par le ton du président de la République et je partage totalement la préoccupation du président de la République sur l'impact de ces deux conflits, au Moyen-Orient et en Ukraine, sur la France, mais je partage aussi sa grande détermination », a lâché le candidat Horizons Edouard Philippe, qui a souligné aussi « le niveau de menace » sur la France qui « s'élève » avec la guerre hybride de la Russie. « Personne ne souhaite l'escalade mais il faut s'y préparer et le président de la République a mille fois raison de le faire », a-t-il appuyé. Edouard Philippe a aussi rappelé que « l'objet de la réunion » n'était pas les aides aux carburants mais « la gravité de la situation qu'il faut saisir et qu'il ne faut pas oublier dans le débat présidentiel qui va s'ouvrir ».

Protection des infrastructures critiques, G7 sur l'énergie

C'est l'air grave également qu'Emmanuel Macron a entamé sa conférence de presse, en expliquant que « ces dernières semaines, la menace russe s'est intensifiée. […] La Russie a multiplié les attaques contre les intérêts européens. » Et le chef de l'Etat de lister une série de ces agressions. « Face à ces situations, notre position est claire, c'est le soutien de l'Ukraine », a martelé le président de la République. Emmanuel Macron a aussi annoncé avoir demandé au gouvernement « un plan de protection de nos infrastructures critiques » contre les attaques hybrides russes, notamment les drones. Abordant ensuite la crise au Moyen-Orient, Emmanuel Macron a certes souligné les prix historiques des carburants, l'inquiétude sur le gaz, mais a surtout insisté sur le fait que cette situation est due uniquement à ces guerres, que la France n'a pas choisies. Et il a rappelé également ses actions diplomatiques, notamment autour des détroits mais aussi pour assurer les approvisionnements en diesel et en gaz et éviter « les tensions » sur les marchés. Le chef de l'Etat a indiqué, dans le même esprit, vouloir convoquer un G7 sur l'énergie. Nous avons des contraintes sur les finances publiques mais nous restons pleinement mobilisés aux côtés des Français

Emmanuel Macron, chef de l'Etat

Surtout, interrogé sur de nouvelles aides, il a d'abord taclé tous les politiques qui « aujourd'hui, nous demandent une hausse massive des aides, les mêmes qui il y a quinze jours nous reprochaient d'avoir trop aidé pendant le Covid ou le début de la guerre en Ukraine ». « Nous, nous nous mobilisons d'abord pour agir sur les causes, pour rouvrir Ormuz […], nous protégeons les Français », a-t-il martelé, rappelant qu'il y a déjà des aides ciblées.

Séminaire du gouvernement lundi

« Avant de dépenser un maximum d'argent », a-t-il insisté, il faut se mobiliser pour « traiter les causes ». « Nous avons des contraintes sur les finances publiques mais nous restons pleinement mobilisés aux côtés des Français », a encore assuré Emmanuel Macron, qui n'a pas manqué de rappeler les aides au moment du Covid ou contre l'inflation après l'agression russe en Ukraine. Il est revenu sur les aides ciblées et a assuré que le gouvernement allait continuer, renvoyant à de prochains travaux et un séminaire du gouvernement lundi. Au passage, il s'est posé en « garant » de l'élection présidentielle, de sa bonne tenue mais pas en « commentateur ». Et alors que la grogne sociale couve, il a appelé les Français à l'unité, rappelant une fois de plus que les causes de la crise, cette fois - contrairement à la crise des « gilets jaunes » -, sont extérieures à la France.

Isabelle Ficek