L'usine Sanofi de Ploërmel passe sous pavillon allemand

Il sera dans la corbeille scellant la nouvelle alliance, annoncée le 14 septembre, entre le groupe pharmaceutique françaisSanofi et l'Allemand Cheplapharm, présenté comme le leader européen des médicaments « matures » : le site de production de Ploërmel, dans le Morbihan, où Sanofi emploie 65 personnes environ à la fabrication d'un anticoagulant, l'héparine, va passer sous pavillon allemand d'ici la fin de l'année prochaine.
Emplois garantis
Selon l'accord conclu, la totalité des emplois sera préservée pour au moins trois ans. L'usine bretonne a été créée au début des années 80 à proximité des sources d'approvisionnement en matière première. L'héparine, qui est notamment utilisée dans le traitement de l'infarctus du myocarde, est issue du mucus de porc provenant des abattoirs de la région. Pour mémoire, la Bretagne produit la moitié des animaux de l'hexagone. Depuis quinze ans, Sanofi a massivement investi - une trentaine de millions d'euros - sur le site pour le moderniser et augmenter ses capacités de production. Cette cession s'inscrit dans le cadre d'une stratégie de recentrage de l'industriel sur les technologies les plus novatrices. « Les médicaments innovants et certains médicaments matures répondent à des besoins différents et devraient bénéficier de modèles opérationnels adaptés à leurs exigences spécifiques », a indiqué le groupe dans un communiqué. VIDEO - La France brade-t-elle ses entreprises stratégiques ?
Transfert technologique
Au total, Cheplapharm doit reprendre une vingtaine de médicaments du catalogue de Sanofi et, outre l'usine de Ploërmel, acquérir les sites de Csanyikvölgy, en Hongrie (environ 400 collaborateurs), et de Jurong, à Singapour (environ 100 collaborateurs). À l'issue de cette opération, Sanofi prendra une participation de 26,4 % au capital de Cheplapharm, avec lequel une collaboration est engagée depuis plus de dix ans. « Avec ce projet, nous intégrons des produits qui complètent notre large portefeuille, mais aussi les savoir-faire et les capacités industrielles nécessaires à la production d'une référence, le Lovenox/Clexane (nom commercial de l'héparine, NDLR) », ont commenté Edeltraud Lafer et Sebastian Braun, codirigeants de Cheplapharm.