Municipales 2026 : l’annulation de la victoire du RN à Montargis préconisée devant le tribunal administratif

L’annulation du résultat de l’élection municipale à Montargis (Loiret), conquête du Rassemblement national (RN) en mars, a été préconisée jeudi 17 septembre par le rapporteur public, devant le tribunal administratif d’Orléans, en raison d’irrégularités. Le candidat du RN, Côme Dunis, l’avait emporté de 59 voix dans cette ville de 15 000 habitants dirigée par la droite depuis 2001. Les juridictions administratives suivent, dans la plupart des cas, l’avis des rapporteurs publics. Le tribunal rendra sa décision dans les prochains jours. Côme Dunis avait obtenu 34,64 % des suffrages au second tour, en tête devant le communiste Bruno Nottin (33,10 %) et le maire sortant, Benoit Digeon (divers droite), arrivé troisième avec 32,26 % des voix. L’abstention avait atteint près de 47 % dans cette ville marquée par les émeutes urbaines de juin 2023 et où un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté.
« Dangereux précédent »
Les deux requérants, Bruno Nottin (PCF) et Dalip Vehapi (Parti socialiste), membres de la liste d’union à gauche, avaient déposé un recours en dénonçant des « vidéos diffamatoires » et une communication après la fin de la campagne officielle. « On m’a accusé de faire des faux en écriture publique », a dénoncé M. Nottin, qui est employé comme greffier au tribunal de Montargis. « On sait qu’ils ont triché et diffamé avec une vidéo absolument scandaleuse et consultée 24 000 fois », a-t-il ajouté. Le rapporteur public a décrit dans ses conclusions une « vidéo à laquelle Bruno Nottin n’a pu répondre » et « une mise en cause personnelle qui n’a rien à voir avec la campagne électorale ». « Eu égard au faible écart de voix, il n’est pas exclu que la diffusion de telles informations ait pu détourner de leur vote un nombre suffisant d’électeurs », a-t-il ajouté. L’avocat du Rassemblement national, Thomas Laval, a estimé qu’il n’était « pas possible de mesurer avec précision l’influence réelle » de ces éléments sur le corps électoral et qu’une annulation du scrutin « créerait un dangereux précédent ». M. Dunis n’était pas présent à l’audience, jeudi. Il a démissionné de ses fonctions de maire au début d’août pour raisons médicales, remplacé par son adjoint à la sécurité, l’ancien policier Dominique Coquelle.