Revue de presse

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Présidentielle 2027 : qui sont les cinq candidats à la primaire de la gauche ?

Ouest-France · 16/09/2026 · ← revue

Ils seront finalement cinq candidats sur la ligne de départ de la primaire de la gauche, après la mise à l’écart du député Philippe Brun, pour des accusations de violences. Les trois socialistes Olivier Faure, Ségolène Royal et Jérôme Guedj sont en lice aux côtés de Raphaël Glucksmann (Place publique) et Emmanuel Maurel (Gauche républicaine et socialiste). On fait le point sur ces candidatures.

Olivier Faure, le premier secrétaire du PS

Après avoir laissé en 2022 sa place à l’ancienne maire de Paris Anne Hidalgo, qui avait alors réalisé le pire score de l’histoire du parti avec 1,7 % des voix au premier tour de la présidentielle, Olivier Faure brigue l’Élysée pour la première fois. À la tête du PS depuis huit ans, le socialiste veut notamment un Smic à 1 690 € net. « Je souhaite que le travail paie, que le Smic augmente. Que les aides publiques aux entreprises soient conditionnées à leur engagement pour l’emploi », avait-il expliqué en officialisant sa candidature, fin août, au 20 h de TF1 . Le député de Seine-et-Marne de 58 ans a également affiché un programme tourné vers l’écologie, proposant une « taxe Zucman » pour investir dans la transition écologique ou encore une suspension des dividendes pour les entreprises qui ne respectent pas leurs engagements climatiques. En se présentant à la primaire, Olivier Faure joue gros. Lors du dernier congrès de Nancy en juin 2025, il avait été réélu à la tête du parti avec justesse et est aujourd’hui, minoritaire dans son parti. En mai, le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud, avait claqué la porte de la direction du parti, l’accusant de « décider seul ». Une défaite le fragiliserait davantage. Lors des scrutins des 9-10 et 16-17 octobre, le premier secrétaire du PS sera « dans une position de challenger », avait admis une proche, auprès de l’Agence France-Presse (AFP). Car il devra l’emporter face à Raphaël Glucksmann, favori de cette primaire.

Raphaël Glucksmann, cofondateur du parti Place publique

L’eurodéputé de 46 ans peut en effet compter sur les 10 000 adhérents revendiqués de Place publique, parti qu’il a cofondé en 2018. Ainsi que sur des soutiens de poids du côté des socialistes : Boris Vallaud, le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol ou encore celui de Montpellier, Michaël Delafosse. Lors de l’officialisation de sa candidature, au 20 h de TF1 , fin août, Raphaël Glucksmann avait mis en avant son « obsession », une hausse de la « rémunération nette des travailleurs », financée grâce à une taxe « sur les méga-héritages », qui permettrait, selon lui, de « récupérer 15 milliards d’euros ». Autre proposition : un « plan de sauvetage de l’école publique », avec une augmentation des salaires des enseignants et une diminution du nombre d’élèves par classe en primaire. Farouchement opposé à toute alliance avec La France insoumise (LFI), il a cependant affirmé tendre la main « aux Écologistes et aux communistes ». Reste qu’il devra convaincre les quelque 40 000 militants du PS et des sympathisants lors de cette primaire. Connu pour son positionnement très international - défense des Ouïghours, critique du président russe Vladimir Poutine… - ses détracteurs lui reprochent un manque d’ancrage local et une distance avec les préoccupations de l’électorat populaire.

Ségolène Royal, ancienne candidate à la présidentielle

Candidate surprise de cette primaire, l’ancienne ministre Ségolène Royal, 72 ans, a dressé en juillet ses priorités : le pouvoir d’achat, l’application des « décisions de la Cop21 » face à l’urgence climatique, ou encore une tolérance zéro « pour les agresseurs » ainsi qu’une « lutte implacable contre les violences sexuelles ». Vingt ans après son échec à l’élection présidentielle, la socialiste peut-elle bousculer le scrutin ? Ségolène Royal affirme n’avoir « rien à prouver », et « pas de carrière politique à faire », contrairement à de nombreux prétendants à l’Élysée. Loin de la prendre à la légère, ses rivaux tendent à craindre les sorties de cet électron libre lors des futurs débats. « On la prend très au sérieux, sous ses airs de candidate un peu baroque », confie ainsi un proche de Raphaël Glucksmann, cité par Franceinfo .

Jérôme Guedj, député de l’Essonne

Moins connu du grand public, Jérôme Guedj a été l’un des premiers à gauche à avoir annoncé sa candidature à la présidentielle. Cet ancien proche de Jean-Luc Mélenchon avait été un critique virulent de l’accord entre les différentes forces de gauche au sein du Nouveau Front populaire lors des législatives de 2024, et avait refusé de se présenter sous l’étiquette NFP. Défenseur d’une loi pour le grand âge, le député de l’Essonne de 54 ans s’engage, dans son programme, à « redonner à l’hôpital public les moyens de sa mission ». Il entend aussi « revaloriser les salaires, maîtriser les prix de l’énergie et renforcer la participation des salariés aux profits des entreprises ».

Emmanuel Maurel, patron du parti Gauche républicaine et socialiste

À la tête du petit parti Gauche républicaine et socialiste (GRS), Emmanuel Maurel avait annoncé début septembre se porter candidat « pour porter une voix singulière, à la fois pour la France, pour la gauche et puis pour l’Europe ». Le député du Val-d’Oise de 53 ans, qui siège actuellement au sein du groupe communiste à l’Assemblée nationale, a listé ses priorités : « Enrayer le déclin français, aggravé par dix ans de macronisme » et « défendre le monde du travail ». Il propose notamment de « relocaliser massivement » les entreprises, afin de « restreindre le libre-échange généralisé » et éviter les achats « de produits à l’autre bout de la planète, qui ont des conséquences écologiques et des conséquences sur notre industrie ».