Budget, plan d'adaptation… : la transition écologique soumise à des vents contraires

Par Marie Bellan
C'est un peu son moment. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, est définitivement sortie de la discrétion médiatique qui avait marqué les premiers mois de sa présence au ministère. Vagues de chaleur et sécheresse oblige, la voilà sur le devant de la scène pour mener l'accélération du plan d'adaptation au changement climatique que lui a confié le Premier ministre cet été. Elle multiplie les déplacements sur le terrain, les rencontres avec les parlementaires et les acteurs économiques. Et pilote la coordination des groupes de travail sur la mise en oeuvre du plan d'adaptation.
Les agences de l'Etat au régime sec
Outre la mobilisation du gouvernement - tous les ministères concernés sont censés prendre leur part à ce travail d'accélération - le Premier ministre a aussi saisi mardi le Conseil économique, social et environnemental pour « traiter des enjeux de financement, de répartition des rôles entre acteurs publics et privés, de cohésion sociale, d'aménagement du territoire et de transition agricole ». Son avis est toutefois attendu pour janvier 2027 seulement alors que la ministre doit remettre sa propre copie début octobre. Certes cette saisine est un signal. Il n'empêche, la transition écologique, malgré l'été caniculaire subi par le pays, est encore loin d'être redevenue une priorité. Plusieurs signes en attestent, notamment le gel de 40 millions d'euros pour la rénovation thermique des écoles révélé il y a quelques jours, ou encore l'annulation des crédits de paiement à hauteur de 157,5 millions sur la mission Ecologie, Développement et Mobilité durable. Côté budget toujours, les opérateurs de la transition écologique seront cette année encore au régime sec. Selon le média Contexte, les effectifs des agences de l'eau devraient baisser d'une cinquantaine de postes jusqu'en 2029, ceux de l'Office français de la biodiversité perdraient une vingtaine de personnes l'an prochain. Même sort pour l'Ademe.
Une mobilisation le 26 septembre
Un signe politique cette fois-ci : le départ d'Augustin Augier du Secrétariat général à la planification écologique (SGPE). Nommé il y a un peu plus d'un an à peine, le SGPE n'est pas parvenu à remettre sur le haut de la pile gouvernementale les questions climatiques, malgré l'engagement de ses équipes. La nomination de son successeur, Vincent Tejedor, jusque-là chef de pôle environnement, énergie, transport et logement au cabinet du Premier ministre, dira si le SGPE a encore un rôle déterminant à jouer d'ici à la fin du quinquennat, notamment dans la mise en oeuvre du plan d'électrification dans les 109 territoires choisis par le gouvernement. Pris isolément, chacun de ces éléments n'a rien de dramatique, mais tous convergent vers une forme de fragilisation de l'action publique en faveur de l'environnement qui inquiète associations et militants écologiques. Ces derniers organisaient d'ailleurs mardi une mobilisation devant le ministère de l'Economie et des Finances pour demander des mesures d'urgence climatique. Les organisateurs, parmi lesquels figurent France nature et environnement, la Fondation pour le logement ou encore WWF France, appellent aussi à une mobilisation plus large le 26 septembre dans toute la France pour défendre « le climat, le vivant, la paix et la justice sociale ».