Revue de presse

Copie archivée
📄 Copie archivéeAbonné (cookies session)Reformaté pour la lecture — sans pub ni fioriture.Ouvrir l'original ↗

A quoi sert le discours sur l'état de l'Union européenne que va prononcer Ursula von der Leyen ?

Les Échos · 16/09/2026 · ← revue

Par Nicolas Rauline

Le compte à rebours s'égrène sur le site de la Commission depuis plusieurs semaines. Et 70 influenceurs ont été conviés à suivre l'événement, ce mercredi matin à Strasbourg. Les « reels » et les « selfies » devraient néanmoins rester discrets dans l'hémicycle : l'idée est d'abord de relayer le message d'Ursula von der Leyen, qui fait plutôt dans la sobriété. Le discours sur l'état de l'Union européenne, calqué sur celui du président des Etats-Unis, existe depuis seize ans et a été instauré par le traité de Lisbonne, dans un souci de transparence et de démocratie. Il a lieu à chaque session plénière de septembre, à Strasbourg. L'événement a longtemps été circonscrit à la bulle des institutions européennes. Mais le Parlement et la Commission ont voulu en faire cette année un symbole. Un moment clé de l'« indépendance » de l'Europe promise par la présidente de la Commission dans ses « teasings ».

Un bilan de la Commission

Sous José Manuel Barroso et Jean-Claude Juncker, le discours était d'abord un exercice politicien, destiné à souder la majorité parlementaire. Eux-mêmes anciens parlementaires dans leur pays, ils en avaient fait un moment de débat entre les différentes institutions. Le style von der Leyen est différent et, si elle a largement consulté ces derniers mois, le secret a été bien gardé sur le contenu du discours. Et l'état de l'Union est aussi devenu l'état de la Commission, qui en profite pour faire un large bilan de son activité. Une politisation du moment que certains regrettent et assimilent au modèle américain. Ces derniers jours, la Commission a diffusé un document rappelant les initiatives mises en oeuvre depuis le discours de l'an dernier, en matière de compétitivité, d'indépendance énergétique, de politique étrangère, de défense de la démocratie ou encore de défense. « La Commission a tenu ses engagements », souligne le document, citant notamment l'accord commercial avec le Mercosur, le prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine pour 2026 et 2027, l'alliance UE-Ukraine pour les drones, ou la feuille de route pour la préparation de la défense à 2030. Compétitivité, environnement, IA… Cette année, l'événement sera marqué par la présence du Premier ministre canadien, Mark Carney, qui donnera une touche encore plus géopolitique. Ursula von der Leyen devrait préciser les ambitions du partenariat entre Bruxelles et Ottawa, mais aussi afficher sa fermeté face aux menaces, alors que les tensions se multiplient sur le front oriental. Pour Petras Austrevicius, membre de la commission Défense du Parlement, cela ne doit pas impressionner l'Europe. « La priorité absolue doit être un soutien inconditionnel à l'Ukraine. Nous avons développé des outils efficaces, mais ce dont nous avons besoin désormais, c'est leur mise en application. » D'autres n'attendent pas grand-chose d'un discours qui cherchera à faire plaisir aux 27 Etats membres et à tous les bords politiques, et devrait placer la compétitivité, la réindustrialisation, mais aussi l'environnement au centre des priorités. « Les majorités restent fragiles, le discours reste un exercice politique », soutient un député. Parmi les grands sujets attendus, Ursula von der Leyen devrait aussi faire la place belle à l'intelligence artificielle et aux réseaux sociaux, sur lesquels des propositions doivent être faites cette semaine, l'immigration ou bien encore les relations commerciales avec la Chine.

Nicolas Rauline ((Bureau de Bruxelles))