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Présidentielle 2027 : carburants, salaires, logement… comment Retailleau veut redonner du pouvoir d'achat aux Français

Les Échos · 15/09/2026 · ← revue

En politique comme ailleurs, mieux vaut être conscient de ses forces et de ses faiblesses. Depuis son entrée en campagne en février, Bruno Retailleau mise avant tout sur la rigueur de son projet pour faire émerger sa candidature. « Il ne sera jamais une rock star en meeting, observe un de ses proches, mais il incarne une candidature sérieuse et c'est ce qu'attendent les Français. » Encore faut-il que ses propositions soient entendues (et comprises) par les électeurs. Ce mardi, Bruno Retailleau a simplifié son message. Après avoir passé les derniers mois à présenter des pans entiers et détaillés de son programme, sans succès dans les sondages, l'ancien ministre de l'Intérieur a réalisé une synthèse de ses différentes mesures en faveur du pouvoir d'achat. « Ce sera le sujet de la campagne », veut croire un conseiller du Vendéen.

Une baisse de 8,50 euros par plein d'essence

A mesure que l'économie française décroche et que l'inflation et le chômage remontent, le candidat LR à la présidentielle veut s'attaquer en priorité aux « dépenses contraintes ». Et notamment au prix des carburants, qui atteint des sommets ces derniers jours. Depuis le siège de son parti, Bruno Retailleau a ainsi défendu la suppression des certificats d'économies d'énergie (CEE). De quoi diminuer le prix du litre à la pompe « de 15 à 17 centimes », soit « une économie de 8,50 euros par plein d'essence », a-t-il assuré au sujet de ce dispositif destiné à financer la transition énergétique, mais dont la Cour des comptes a pointé les dérives et le poids sur le budget des ménages. « Je suis le seul candidat qui augmentera le pouvoir d'achat des Français sans 1 euro de dette en plus », a-t-il ajouté, fustigeant au passage les déclarations des candidats du Rassemblement national et de La France insoumise de ce week-end. « Prenez garde aux bonimenteurs ! » a-t-il lancé, écartant d'un revers de main la baisse de la TVA de 20 % à 5,5 % sur l'essence proposée par Marine Le Pen. Selon ses calculs, cette mesure « coûterait à la France pas moins de 15 milliards d'euros au prix actuel ». Quant à la solution du blocage du prix de l'essence à 1,70 euro le litre avancée par Jean-Luc Mélenchon, « c'est tout simplement la pénurie assurée », a-t-il taclé.

Réduire de deux mois la facture d'électricité

Au-delà des prix des carburants, Bruno Retailleau a promis, s'il est élu, de réduire de « l'équivalent de deux mois » la facture d'électricité des Français. Pour mener à bien ce projet, le candidat LR a réitéré sa volonté de couper les subventions aux énergies renouvelables, estimées à 6,6 milliards d'euros en 2026 pour l'éolien et le photovoltaïque. « Ces technologies ont atteint un degré de maturité », et il faut désormais « parier sur le nucléaire », a-t-il assuré pour justifier cette proposition controversée, promettant par la même occasion d'abroger la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3), « une idiotie ». Autre mesure phare de son programme sur le pouvoir d'achat : Bruno Retailleau fait miroiter « deux mois de salaire en plus » à tous les Français en contrepartie de « trente minutes de plus de travail chaque jour ». Concrètement, le candidat LR propose de sortir des 35 heures en instaurant un seuil « zéro cotisations » pour les heures travaillées au-delà de 1.623 heures par an. A partir de la 36e heure travaillée, le brut serait égal au net.

Des intérêts d'emprunt déduits de l'IR

Pour le logement, « le premier poste qui cannibalise le pouvoir d'achat des Français », Bruno Retailleau compte créer « un choc de production de logements, parce que ce qui est rare est cher, et que si ça devient abondant, il sera moins coûteux de se loger ». La suppression du ZAN fait partie de ses priorités. Afin que les Français accèdent plus facilement à la propriété, il promet en outre que « les intérêts d'emprunt seront déduits de l'impôt sur le revenu en fonction du nombre d'enfants » et qu'un prêt à taux zéro sera « refondé et réservé aux primo-accédants ». Bruno Retailleau mettra par ailleurs fin aux diagnostics de performance énergétique (DPE) et à l'encadrement des loyers. De quoi faire revenir « des centaines et des centaines de logements sur le marché », a-t-il assuré. Quant aux logements sociaux, « les attributions iront en priorité à ceux qui travaillent et aux familles avec enfants ».

Ulysse Legavre-Jérôme