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Anne Hidalgo fait part de ses « regrets immenses » à propos des violences dans le périscolaire à Paris

Le Monde · 15/09/2026 · ← revue

L’heure des explications pour Anne Hidalgo et Emmanuel Grégoire : l’ancienne maire (Parti socialiste, PS) de Paris et son successeur (PS) sont convoqués, mardi 15 et mercredi 16 septembre, au Sénat, qui enquête sur les violences sexuelles dans le périscolaire en France, alors que des investigations pénales visent les édiles parisiens. Devant les sénateurs, l’ancienne maire de Paris a dit que ses « premières paroles seront bien sûr pour toutes les petites Parisiennes et les petits Parisiens victimes de prédateurs sexuels dans l’enceinte de l’école et dans le cadre des activités périscolaires », avant de dire « à toutes les victimes et à leur famille toute [sa] compassion » et de faire part de ses « regrets immenses pour ce qu’elles ont subi ». « Si nous sommes ici devant vous aujourd’hui, c’est parce que nos institutions, Mairie de Paris, collectivités locales, éducation nationale, police, justice, malgré les actes posés et malgré la conscience réelle des abus sexuels dont sont victimes nos enfants dans notre pays, nos institutions ont failli dans la protection de nos enfants », a déclaré Anne Hidalgo, devant la mission d’information du Sénat, qui l’a auditionnée pendant plus de deux heures. L’ancienne édile, aux commandes de la capitale pendant douze ans, est visée comme le nouveau maire Emmanuel Grégoire par des investigations pénales à la suite des plaintes de plusieurs familles, notamment pour non-assistance à personne en danger.

« Des dysfonctionnements »

Anne Hidalgo a plaidé « avoir eu à cœur de mettre en place » des processus de 2015 à 2026. « Malgré tout cela, il y a quand même des prédateurs qui se sont inscrits et qui ont agressé nos enfants », a-t-elle ajouté, sans reconnaître un problème systémique au sein du périscolaire comme lui a demandé la rapporteure de la commission, la sénatrice (Les Républicains, LR) Agnès Evren. Selon Anne Hidalgo, les signalements ne se sont « pas faits de manière satisfaisante » au sein de son administration dès les premiers cas, il y a dix ans. « Il y a eu des dysfonctionnements, des chaînes d’information qui n’ont pas fonctionné », a-t-elle dit, regrettant que la moitié des recommandations du rapport de l’inspection générale de la Ville en 2015, qu’elle avait commandé, n’aient pas été mises en œuvre de manière satisfaisante en raison d’un « non-respect » de « consignes » qu’elle avait données. « La doctrine que j’ai demandé d’appliquer et qui n’a pas été appliquée jusqu’au bout était une suspension immédiate de l’agent pour lequel un signalement a été fait », et que l’animateur en question ne puisse être « remis en contact avec des enfants ». « Ça n’est pas honnête intellectuellement de dire qu’entre 2015 et 2026, rien n’a été fait », s’est-elle défendue, en rappelant notamment un accord signé avec le procureur de la République en 2015 pour accéder aux fichiers des délinquants sexuels, la nomination de Dominique Versini comme adjointe à la protection de l’enfance en 2020, et le plan de prévention contre les violences sexuelles fin 2025, venu selon elle « corriger et renforcer sur les points délicats ».

132 animateurs suspendus

Egalement entendu mardi, Patrick Bloche, qui fut chargé des affaires scolaires et premier adjoint (2024-2026), a affirmé que la règle selon laquelle aucun animateur ne devait être laissé seul avec un enfant « avait été établie de manière claire par la direction des affaires scolaires (Dasco) dès 2017, et répétée à chaque rentrée ». Mme Hidalgo a de nouveau fait part de ses « regrets » de n’avoir pas rencontré les familles de victimes au moment où le scandale a éclaté, au printemps 2025. « Il n’y a pas d’excuses, je n’en cherche pas, j’aurais dû le faire », a-t-elle dit. Mme Hidalgo et M. Bloche n’ont par ailleurs pas reconnu le caractère « systémique » des violences dans le périscolaire parisien, jugeant que le problème était « national ». « A la différence des autres villes, Paris était alertée », a rétorqué la sénatrice LR Agnès Evren, rapporteure de la commission d’enquête qui doit remettre ses conclusions à l’automne. « Ces déclarations ne sont pas ce qu’attendaient les parents d’enfants victimes depuis des années dans des affaires où des signalements avaient déjà été faits avant les premières plaintes : oui, des victimes auraient pu être évitées et des familles brisées auraient pu être épargnées, si ces signalements avaient correctement été remontés et les responsables avaient mis en place des mesures concrètes, efficaces et immédiates », a dénoncé le collectif SOS Périscolaire, en réponse aux propos de Mme Hidalgo. Depuis le début de l’année 2026, 132 animateurs ont été suspendus par la Ville, dont 52 pour suspicions de violences sexuelles ou sexistes, un chiffre traduisant un caractère « systémique » selon Emmanuel Grégoire, qui a engagé en avril un plan à 20 millions d’euros contre les violences sexuelles dans le périscolaire. Sur le volet pénal, plus de 200 enquêtes sont en cours dans les écoles primaires et les crèches de la capitale, visant des personnels de ces établissements.