Sénatoriales 2026 : une augmentation notable du nombre de députés candidats

La tendance semble se confirmer : 33 députés se présenteront devant les électeurs à l’occasion des élections sénatoriales du 27 septembre, selon les statistiques du Sénat. Un chiffre en forte hausse par rapport au scrutin de 2023, qui n’avait vu que six députés se porter candidats. Le même phénomène a déjà été observé en mars, lors des élections municipales. Une centaine de députés étaient candidats et 38 d’entre eux avaient finalement été élus maires. Comme en mars, 22 députés candidats appartiennent au Rassemblement national (RN), soit les deux tiers. Pour la plupart d’entre eux, il s’agit surtout de faire bénéficier leur liste de leur notoriété acquise au Palais-Bourbon, à l’image de la députée du Var Laure Lavalette, candidate en sixième et dernière position dans le département. Ainsi, près de la moitié des députés RN engagés dans ces élections figurent soit en position de suppléants, soit en position inéligible de fait, au-delà de la quatrième place. Mais d’autres députés comptent bien passer du Palais-Bourbon au Palais du Luxembourg et figurent en tête de liste. C’est le cas de la vice-présidente du RN, Edwige Diaz. Candidate en Gironde, la députée espère créer la surprise dans son département et est pressentie pour prendre la tête d’un éventuel groupe RN/Union des droites pour la République (UDR). Dans les Alpes-Maritimes, c’est un député européen, Laurent Castillo, membre de l’UDR, qui mène une liste d’union avec le RN dans un département où le parti d’Eric Ciotti devrait gagner des sièges, après l’élection de son président comme maire de Nice. Dix autres députés figurent en position éligible : six appartiennent à un parti du bloc central, une aux Républicains (LR), un au Parti socialiste (PS) et deux à La France insoumise (LFI). Tête de liste dans le Rhône, l’élu de la 6e circonscription, Gabriel Amard, représente l’une des principales chances pour les « insoumis » de faire élire, pour la première fois, un sénateur.
L’avantage de la stabilité
Durant la campagne des élections municipales, l’usure et la frustration ressenties dans une Assemblée nationale bloquée par l’absence de majorité avaient été évoquées par certains candidats pour justifier leur envie de se consacrer à l’action locale. Mais alors pourquoi, aujourd’hui, vouloir déménager d’une chambre à l’autre ? Alors que l’Assemblée nationale reste instable et exposée à une probable dissolution à l’été 2027, le Sénat offre l’avantage de la stabilité d’un mandat de six ans, sans possibilité de dissolution. Par ailleurs, il a vu son rôle s’affirmer depuis la dissolution de juin 2024, qui s’est soldée par une absence de majorité. En septembre 2024, Michel Barnier s’était tourné vers le Sénat pour trouver des soutiens au Parlement. Cette stratégie s’était traduite dans la composition de son éphémère gouvernement, qui comptait dans ses rangs un nombre inédit de sénateurs : 9 sur 39. Paradoxalement, les relations entre le Sénat et le gouvernement ont été plus fraîches après la nomination de Sébastien Lecornu, pourtant élu sénateur en 2020, au poste de premier ministre. Mais c’est bien sur la majorité sénatoriale que ce dernier s’est appuyé pour faire voter son projet de loi d’urgence agricole en juillet. Arrivé au terme de son mandat de sénateur, sans avoir jamais siégé pour cause de participation au gouvernement, Sébastien Lecornu n’est pas candidat à sa réélection. Pas plus que le ministre des transports, Philippe Tabarot, longtemps pressenti dans les Alpes-Maritimes. Au bout du compte, la ministre de l’aménagement du territoire, Françoise Gatel, se trouve être la seule membre du gouvernement engagée dans ces élections sénatoriales. Parmi les candidats figurent également neuf présidents de conseils départementaux et deux présidents de conseils régionaux : Renaud Muselier (Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaissance) et Jérôme Durain (Bourgogne-Franche-Comté, PS). Seuls deux présidents de groupe figurent dans une circonscription renouvelable : Mathieu Darnaud (Ardèche, LR) et Claude Malhuret (Allier, Horizons), et tous deux se représentent dans leur département. Enfin, Bruno Retailleau (LR), candidat à l’élection présidentielle, mènera donc, jusqu’au 27 septembre, une double campagne.