Switch se renforce pour électrifier les bateaux professionnels

A Vannes, la jeune entreprise Switch compte bien prendre la tête de la course au leadership lancée entre les acteurs de la propulsion électrique des bateaux de travail. Dans cet objectif, la société vient de faire entrer à son capital le nantais Fétis Group. Cette ETI, qui réalise plus de 160 millions d'euros de chiffre d'affaires dans les domaines de l'énergie, de l'industrie ou des mobilités, a mené l'opération au travers de sa marque Kinell, consacrée à la décarbonation. Pour Switch, les bénéfices de ce rapprochement, dont le montant n'est pas dévoilé, pourraient être importants. Sur le plan technique, la société utilise les systèmes sur étagères de Kinell pour ses projets les plus simples. Et, sur le plan financier, elle pourra aborder plus sereinement des chantiers de rétrofit plus complexes, donc plus coûteux. « Les quatre projets menés l'année dernière se chiffraient entre 50.000 et 200.000 euros. Aujourd'hui, nous sommes sollicités pour des systèmes coûtant 800.000 euros à 1 million, donc il nous faut être plus solides pour gagner la confiance des clients », constate Gildas Olivier, fondateur de Switch en 2023. Cette montée en puissance s'explique par les choix technologiques de Switch. Plutôt que de proposer des systèmes uniques à chaque projet, la PME a mis au point un automate de bord standard, programmé à l'avance et relié à un système de distribution de l'énergie, la Switch Box. Un moyen d'intégrer les équipements plus facilement et surtout plus rapidement sur les navires.
Solution simplifiée
« On peut chiffrer un projet en deux jours seulement », note le dirigeant, qui mise aussi sur l'argument de la sécurité pour convertir les armateurs à l'électrique. Les packs batteries Lithium fer phosphate (LFP) fabriqués par Switch intègrent des cellules plongées dans un liquide diélectrique, donc isolant. « En cas de problème, cette solution permet d'éviter une contagion aux autres cellules, et donc de devoir noyer toute l'installation dans l'eau de mer », détaille Gildas Olivier. Autre avantage : l'immersion des modules évite les surchauffes lors des recharges, améliorant ainsi leur longévité. Reste à valoriser ce système breveté à grande échelle. Dans cet objectif, l'entreprise a acquis auprès du belge Sealease, un ancien bateau à passagers, promis à la casse. D'ici à un an, et moyennant 400.000 euros d'investissement, Switch le transformera en laboratoire grandeur nature dans le golfe du Morbihan. « Notre ambition est de le mettre à disposition des armateurs. Nous ferons aussi des démonstrations auprès des élus locaux. La navigation électrique est assez nouvelle, chacun doit se familiariser avec ses spécificités pour l'adopter », estime-t-il. Hébergée depuis sa création au sein de la pépinière Créalis, à Vannes dans le Morbihan, Switch, qui emploie huit personnes, va bientôt emménager dans ses propres ateliers afin de répondre aux commandes en cours. Celles-ci devraient lui permettre de réaliser 1,4 million d'euros de chiffre d'affaires en 2027, contre 700.000 euros prévus cette année.