Présidentielle 2027 : Retailleau, Philippe et Attal, tous unis contre une hausse des taxes sur l'héritage

Face à la charge de la gauche et de la CFDT pour taxer davantage l'héritage, les candidats de la droite et du centre sont sur la même longueur d'onde. D'Edouard Philippe à Gabriel Attal en passant par Bruno Retailleau, tous ont appelé à ne pas augmenter la fiscalité sur les successions. Avec parfois des petites nuances. Fidèle à la philosophie de sa famille politique, le président des Républicains (LR) est le plus allant sur la question. En grand désaccord avec la volonté de Jean-Luc Mélenchon de taxer l'intégralité des héritages au-delà d'un seuil de 12 millions d'euros, ou encore de la leader de la CFDT Marylise Léon de taxer les successions « au premier euro », Bruno Retailleau promet au contraire de baisser les droits de succession « au maximum du possible » s'il est élu en 2027.
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Faciliter les transmissions
« Je veux un grand choc de transmission entre les générations : pendant trois ans, les parents pourront donner chacun à leurs enfants de moins de 30 ans jusqu'à 150.000 euros, sans 1 seul euro d'impôt à payer », a annoncé le candidat LR dans un entretien accordé à « L'Opinion » fin août. Une mesure qui va au-delà de ce que proposait François Fillon en 2017 et Valérie Pécresse en 2022, mais reste encore loin de celle de Sarah Knafo. Adepte des coups de com, la très libérale eurodéputée Reconquête a récemment déclaré vouloir « abolir » tous les droits de succession. « C'est purement démagogique et non finançable », observe un conseiller de Bruno Retailleau, alors que l'Etat a perçu près de 21 milliards d'euros d'impôts sur l'héritage en 2025. Si Gabriel Attal souhaite aussi que « le patrimoine puisse circuler davantage et beaucoup plus tôt », le secrétaire général de Renaissance compte notamment « agir sur la ligne indirecte ». Il faut que « ça soit beaucoup plus facile de donner ou de faire hériter ses petits-enfants que ça ne l'est aujourd'hui », a-t-il insisté début septembre, sans apporter plus d'éléments sur la question.
Lignes directes et indirectes
« C'est la nuance avec ce que propose Bruno Retailleau, qui est davantage sur la ligne directe [des parents aux enfants, NDLR], ce qui profitera à des personnes plus âgées et plus aisées. Or l'enjeu, compte tenu de l'âge moyen de l'héritage qui aujourd'hui se fait à 50 ans, c'est de faire circuler le patrimoine entre les générations pour que des personnes plus jeunes et moins aisées en profitent », développe un conseiller de Gabriel Attal. Une des mesures que pourrait annoncer l'ancien Premier ministre serait d'aligner les barèmes des lignes indirectes - plus imposées - sur les lignes directes. « Sans aller jusqu'à faire hériter un ami », ironise ce cadre Renaissance au sujet de la proposition de la députée insoumise Clémence Guetté de léguer ses biens à un proche dans les mêmes conditions fiscales avantageuses que pour un descendant direct. Edouard Philippe partage la doctrine de Gabriel Attal. « Il faut permettre la transmission du patrimoine beaucoup plus vite et beaucoup plus tôt pour aider la jeunesse » et « augmenter massivement la capacité d'effectuer, du vivant des personnes, les donations aux enfants, aux petits-enfants et peut-être même plus largement qu'aux petits-enfants », a affirmé le maire du Havre (Seine-Maritime) dans un entretien accordé à l'AFP fin août. A l'instar du candidat LR, il propose aussi « une augmentation très sensible des plafonds pendant les trois premières années du quinquennat ».
Maintien du pacte Dutreil
Autre point de convergence entre les trois prétendants à l'Elysée : le maintien du pacte Dutreil, une niche fiscale qui permet d'alléger l'impôt sur les successions lors de la transmission des entreprises familiales et que la gauche souhaite raboter. Selon Edouard Philippe, ce dispositif « a un immense mérite : l'ensemble des entreprises qui ont un capital familial savent que tant qu'il existe, il n'y a pas trop à se poser de questions sur la façon dont on va pouvoir passer l'entreprise à la génération d'après ». Le candidat Horizons juge par ailleurs qu'il est « extrêmement important d'envoyer ce signal aux entrepreneurs à la veille d'un immense mouvement de transmission à l'échelle du pays ». Gabriel Attal et Bruno Retailleau ne disent pas autre chose.