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Sécheresse : les 4,4 millions d'euros d'aides ne convainquent pas la FDSEA des Côtes-d'Armor

Les Échos · 14/09/2026 · ← revue

Toujours en situation de crise sécheresse, les Côtes-d'Armor vont bénéficier d'une enveloppe de 4,4 millions d'euros pour soutenir les exploitations touchées. La FDSEA et les Jeunes Agriculteurs (JA) 22 jugent toutefois ces moyens insuffisants au regard des besoins. Dans un communiqué, les deux syndicats estiment que l'enveloppe, destinée en priorité aux élevages de ruminants et aux exploitations maraîchères et légumières, restera limitée au regard du nombre d'exploitations susceptibles d'être concernées. D'après leurs chiffres, le département compte près de 3.890 exploitations avec des ruminants et 734 exploitations en maraîchage, soit plus de 4.600 exploitations potentiellement concernées. Rapportée à ce périmètre, l'enveloppe représente moins de 1.000 euros par exploitation en moyenne. Le dispositif prévoit pourtant une aide forfaitaire pouvant atteindre 5.000 euros, avec des bonifications. Pour la FDSEA 22, toutes les exploitations touchées ne pourront donc pas en bénéficier.

Des critères encore attendus

Les syndicats alertent dès lors sur les critères d'attribution, qui ne sont pas encore définitivement arrêtés. Ils redoutent qu'une aide forfaitaire ne permette pas de tenir suffisamment compte des différences entre exploitations, territoires et niveaux d'exposition à la sécheresse. La FDSEA estime également que la volonté d'aller vite ne doit pas se faire au détriment du dialogue avec la profession. « Nos agriculteurs sont à bout de souffle », affirme-t-elle, appelant à des mesures « efficaces, accessibles et adaptées » aux réalités économiques des exploitations.

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Préparer les prochaines crises

Pour les deux syndicats, l'enjeu ne se limite toutefois pas au soutien de trésorerie. Ils demandent une politique permettant aux exploitations de mieux anticiper les prochains épisodes climatiques : gestion et stockage de l'eau, sécurisation des ressources fourragères, adaptation des bâtiments et évolution des systèmes de production. Une nécessité d'autant plus forte que les services de l'Etat soulignent eux-mêmes la persistance des tensions sur la ressource. Les restrictions d'usage sont maintenues dans l'ensemble du département et les efforts de sobriété doivent être prolongés. Pour la FDSEA 22, la succession de dispositifs d'urgence ne saurait constituer une réponse durable. Le syndicat fait aussi le lien avec le renouvellement des générations, estimant que les agriculteurs doivent disposer de moyens pour investir et adapter leurs exploitations. La demande porte donc désormais autant sur la gestion de la crise actuelle que sur les moyens de ne pas subir la prochaine.

Stéphanie Bescond