Sénatoriales 2026 : dans le Rhône, l’écologiste Bruno Bernard lance une liste dissidente à gauche

Bruno Bernard a créé la surprise, vendredi 11 septembre, en déposant une liste de gauche dissidente, à forte tendance écologiste, pour les élections sénatoriales du département du Rhône et de la Métropole de Lyon, où sept sièges du Palais du Luxembourg sont en jeu. « De nombreux grands électeurs de gauche et écologistes refusent de voter pour des listes intégrant des candidats qui ont entravé l’union de la gauche lors des dernières élections municipales et métropolitaines de Lyon. Nous refusons que la gauche perde des voix et des sièges à cause de choix nationaux, déconnectés des réalités locales », justifie l’ancien président (Les Ecologistes) de la Métropole de Lyon, dans un communiqué diffusé à l’heure de son inscription. Sans la nommer, le communiqué vise Hélène Geoffroy. L’ancienne maire (Parti socialiste, PS) de Vaulx-en-Velin (Métropole de Lyon) figure en deuxième position éligible sur la liste officielle d’union de la gauche, emmenée par le sénateur sortant du Rhône Thomas Dossus (Les Ecologistes). Nommée « Agir pour le Rhône », cette liste est soutenue par les principales formations du bloc de gauche : Les Ecologistes, le PS, le Parti communiste français (PCF) et Place publique. Selon l’entourage de Bruno Bernard, beaucoup de grands électeurs de gauche ont fait savoir qu’ils ne voteraient pas pour cette liste officielle, en raison de la présence de l’ancienne secrétaire d’Etat chargée de la politique de la ville sous la présidence de François Hollande. « Hélène Geoffroy a été imposée par le PS, non seulement elle a perdu les élections municipales à Vaulx-en-Velin [remportées par l’« insoumis » Abdelkader Lahmar], mais elle a contribué à faire perdre la métropole à la gauche en jouant sa carte personnelle », résume un proche conseiller de Bruno Bernard. Plus diplomate dans la forme, Bruno Bernard attribue l’échec de la gauche aux dernières élections métropolitaines autant à la posture fermée d’Hélène Geoffroy qu’à l’intransigeance de Gabriel Amard. Le député (La France insoumise, LFI) de Villeurbanne avait poussé pour le maintien de listes « insoumises » au second tour des élections municipales et métropolitaines de mars, et il mène une liste LFI aux sénatoriales. « Hélène Geoffroy et Gabriel Amard sont deux acteurs importants de la division à gauche. Je propose une autre offre politique, basée sur la compétence et l’esprit collectif », dit au Monde Bruno Bernard. Devenu simple conseiller métropolitain, l’élu écologiste se met « en retrait » de son parti, et se dit prêt à assumer une éventuelle suspension en raison de sa dissidence. Pour Thomas Dossus, la création de cette liste dissidente est « une démarche revancharde, [qui] risque de faire gagner un siège supplémentaire à la droite », dit-il au Monde. La gauche, dans son ensemble, pourrait bénéficier d’environ 1 200 voix, sur le collège de 3 800 grands électeurs du département du Rhône et de la métropole, ce qui pourrait lui apporter entre deux et quatre sièges, selon la répartition des votes, dans un paysage très éclaté à droite. Créditée de 250 à 300 grands électeurs, la liste de Gabriel Amard espère atteindre le seuil des 350 voix pour décrocher un siège. La liste emmenée par l’ancien président de la Métropole de Lyon est constituée de profils qui se veulent « expérimentés et complémentaires ». Elle comprend plusieurs membres éminents de son ancien exécutif : Lucie Vacher, ancienne vice-présidente à l’enfance et à la famille ; Anne Grosperrin, ancienne présidente de la régie de l’eau du Grand Lyon ; Pierre Athanaze, qui était chargé de la végétalisation ; et Jean-Charles Kohlhaas, spécialiste des transports. Bruno Bernard a placé en troisième position sur sa liste Mohamed Boudjellaba, maire de Givors, commune populaire au sud de l’agglomération lyonnaise. Il a aussi rallié des élus plus ruraux, avec Laurence Jasserand, ancienne élue de Pollionnay et responsable régionale de l’association Solidarité Paysans, et Guillaume Malot, maire de Saint-Romain-au-Mont-d’Or.