Pour répondre aux demandes les plus urgentes de logements sociaux, Rennes Métropole installe des maisons démontables
D’extérieur, ces maisonnettes hybrides ont tout d’une maison en dur. Avec leur petit jardin clôturé, leur cabanon et leur terrasse, elles s’intègrent parfaitement au paysage. À l’intérieur, le logement de 30 m², avec une pièce de vie et une chambre, est meublé et équipé, raccordé aux réseaux d’eau et d’assainissement. Et pourtant, ces petits modulaires peuvent être démontés et déplacés en un rien de temps. Depuis 2023, Rennes Métropole en a installé 26, disséminés à Rennes, Bruz, Saint-Jacques-de-la-Lande ou encore Chevaigné (Ille-et-Vilaine). Les deux prochains vont pousser à Betton. L’idée n’est pas de créer des villages ou des quartiers. Nous n’en implantons jamais plus de quatre ou cinq au même endroit, pour éviter la stigmatisation , pose Honoré Puil, vice-président en charge de l’habitat et du logement à Rennes Métropole.
Profiter de la vacance d’un terrain pour installer un logement
Encore peu répandus sur le territoire français, ces logements modulaires sont une des réponses à la crise du logement, qui touche aussi bien le parc privé que social. Rennes Métropole a beau se fixer l’ambition de construire 5 000 logements par an dans le cadre de son programme local de l’habitat, la demande est toujours plus forte que l’offre. En 2025, 30 000 demandes de logement social ont été déposées à l’échelle de la métropole, dont 3 700 classées comme urgentes , compte le vice-président. C’est pour ce public prioritaire que la collectivité a imaginé le dispositif « Sans foncier fixe ». Il repose sur des opportunités. Concrètement, quand un terrain est encore nu avant d’accueillir une opération immobilière ou un équipement public, la municipalité le met gratuitement à disposition de la métropole pour y installer des logements modulaires. Il faut parfois attendre trois à cinq ans avant qu’un projet sorte de terre, admet Honoré Puil. Cette période d’attente devient une ressource foncière.
Une solution rapide et économique
C’est le cas à Betton. Les deux modulaires seront installés, entre novembre et décembre 2026, avenue de Moretonhampstead, à proximité des établissements scolaires des Omblais. Ce site accueillera la base technique du chantier de rénovation de l’école d’ici quelques années. Il est bien situé, près du centre-ville, pas perdu en pleine campagne , vante François Brochain, maire de Betton, qui s’était manifesté dès 2023 pour accueillir ce type de logement temporaire. Et lorsque leur projet immobilier est arrivé à maturité, les municipalités récupèrent leur terrain et les modulaires partent ailleurs. Le dispositif fait des émules et plusieurs communes lèvent le doigt pour participer à l’élan novateur. En plus d’être rapide à construire - il faut compter seulement trois à six mois pour la livraison -, la solution est aussi économique. Un module de 30 m² et l’aménagement des abords coûtent 130 000 €, quand le prix de construction moyen d’un logement social en Bretagne est de 190 000 à 200 000 € , compare Honoré Puil. Pour le locataire, cela ne change rien. Le loyer du T2 est fixé à 373 € à Betton, comme dans toutes les autres communes de la métropole.