Revue de presse

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SONDAGE EXCLUSIF - Présidentielle 2027 : les électeurs de la droite et du centre veulent une primaire pour désigner un candidat unique

Les Échos · 11/09/2026 · ← revue

Par Hadrien Valat

Les électeurs du centre et de la droite ont de quoi avoir des sueurs froides en regardant les derniers sondages : en cas de candidatures simultanées de plusieurs de leurs champions, et donc d'éparpillement de leurs voix, Jean-Luc Mélenchon semble en mesure de s'inviter au second tour face à Marine Le Pen. Une affiche qui ne leur plaît visiblement pas du tout, puisqu'ils plébiscitent l'organisation d'un processus de départage entre leurs candidats, selon le baromètre PrésiTrack d'OpinionWay pour « Les Echos » et Radio Classique. 78 % des sympathisants d'Ensemble et 74 % de ceux des Républicains se déclarent ainsi favorables à l'organisation d'une primaire de la droite et du centre (selon des sous-échantillons issus d'un panel total de 948 personnes). Une idée qui convainc 61 % des Français de toute allégeance. Machine à perdre ? Mais qui ne plaît guère à Edouard Philippe, pourtant le mieux placé des candidats du socle commun. « Une primaire, ça sert à quoi ? A accentuer les différences. Moi, ce qui m'intéresse, c'est quoi ? C'est d'accentuer ce qui nous rassemble », martelait encore le maire du Havre fin août. « Une idée fausse s'est instaurée : la primaire serait une machine à perdre. Mais celle de la gauche en 2011 permet à Hollande de se faire élire, celle de la droite en 2016 connaît un succès phénoménal », observe Bruno Jeanbart, vice-président d'OpinionWay. Notamment parce que l'organisation d'un tel scrutin a « d'énormes avantages en termes de mobilisation, d'occupation du champ médiatique et de dynamique pour le vainqueur à l'issue du vote », souligne-t-il. Qu'importe, Edouard Philippe mise plutôt sur ses sondages pour forcer ses concurrents dans le même couloir à se rallier à sa campagne. Problème : le candidat d'Horizons, concurrencé par Gabriel Attal, stagne quand Jean-Luc Mélenchon engrange. Le Normand et l'Insoumis en chef sont désormais donnés au coude-à-coude au premier tour dans certains cas de figure (entre 15 et 17 %). Conscient du danger, l'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron a mis en garde sa famille politique. « Si nous continuons à nous diviser, nous ne gagnerons pas la présidentielle », a-t-il déclaré lundi, proposant « un rassemblement de la droite et du centre », des Républicains jusqu'au Modem. En somme, un rassemblement derrière lui.

Périmètre

Pas d'actualité, a esquivé Gabriel Attal. Pas intéressé, a dit Bruno Retailleau, refusant de participer à « une réunion pour les macronistes, entre macronistes », a-t-il griffé sur CNews. Mais le premier jure ne pas avoir « peur » de l'option primaire. « S'il y a une primaire, je l'affronterai », a aussi assuré le second sur France 2, sans enthousiasme débordant. « Le favori dans les sondages n'a pas envie de prendre ce risque et les outsiders y ont intérêt mais ne peuvent pas le faire sans le favori », pointe Bruno Jeanbart. Mais Edouard Philippe doit faire à une pression de plus en plus forte. Le président de la région Normandie, Hervé Morin, a par exemple lancé fin août une pétition en faveur d'une « primaire ouverte » de la droite et du centre pour désigner « un candidat unique ». Quand David Lisnard, le très libéral maire de Cannes, candidat à la présidentielle, demande également l'organisation d'« une grande compétition ». Reste un autre obstacle de taille : la question du périmètre. Quand certains voudraient que la primaire aille jusqu'au centre-gauche social-démocrate, d'autres l'envisagent bien plus à droite, avec Eric Zemmour ou Sarah Knafo dans la course. Des bornes difficilement compatibles, surtout si les perdants sont tenus de soutenir la candidature du vainqueur.

Hadrien Valat