Revue de presse

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« Où sont passés les loups bretons ? » : les clichés ont été très rares cet été, constatent les experts

Le Télégramme · 11/09/2026 · ← revue

« Disparition inquiétante » : ce sont les termes employés par les bénévoles du Groupe loup pour décrire, sur leur site web, l’été 2026 écoulé en Bretagne. « Les trois individus que nous suivions depuis des mois ont semblé avoir subitement déserté. En juin et juillet, aucune image n’est venue attester de leur présence en Bretagne », indique la publication, postée le 4 septembre. Naturaliste et membre historique du groupe, Alain Jean évoque « une situation inédite », depuis la réapparition de l’espèce dans la péninsule armoricaine, en mai 2022. « Avec les chaleurs estivales, les loups peuvent être moins actifs et se montrent souvent plus discrets. Mais, en 2024 et 2025, ces périodes n’ont pas excédé un mois. Cette saison aura sans doute été, pour eux aussi, plus difficile que les autres », mentionne le vétérinaire. Alors, les loups sont-ils cachés ? Ont-ils rebroussé chemin ? Ou « pire », ont pu craindre les bénévoles experts, ont-ils été renversés par une voiture ou cible de braconnage ? Les trois individus que nous suivions depuis des mois ont semblé avoir subitement déserté. En juin et juillet, aucune image n’est venue attester de leur présence en Bretagne

Loargann est revenu

De nouveaux indices, collectés grâce à des pièges vidéo les 8 et 24 août, semblent redonner du crédit aux deux premières options. Un même loup y a été filmé, deux fois du côté de Plounéour-Ménez (29). « On reconnaît Loargann, certes plus maigre que lors de sa dernière apparition, dans sa robe hivernale, le 9 février 2026. Mais il s’agit bien de l’un des deux mâles implantés dans les monts d’Arrée. Il circule à l’est de la zone et est très reconnaissable à ses tâches maxillaires blanches, qui lui ont donné son nom (plein de la lune, en breton) », prolonge Alain Jean. Reste à savoir ce que sont devenus Menez et Nouzil. Le premier, génotypé à Sizun (29) en avril 2023, est resté visible à l’ouest des monts d’Arrée, jusqu’en mai dernier. Ce serait le plus ancien du lot. Le second, qui circule sur une zone plus vaste, entre le Sud-Finistère et les Montagnes noires, avait occasionné beaucoup d’attaques sur les ovins à son arrivée dans le secteur, au printemps 2025. Il n’a pas davantage été repéré cet été. « Avoir des nouvelles d’un seul ne veut pas dire qu’ils ont disparu. Ils ont très bien pu aussi profiter de proies sauvages tapies sous les feuillages, du fait de la chaleur. Il faut se garder de conclusions hâtives », mentionne, pour sa part, l’autre membre historique du groupe, François de Beaulieu.

Un quatrième individu manquant

Un quatrième individu, passé entre deux chasseurs lors d’une battue en forêt de Quénécan (22), le 18 janvier 2026 aurait, lui, anticipé la désertion. « Suite à un prélèvement salivaire, on a su qu’il provenait d’une meute germano-polonaise de Hautes Phagnes, en Belgique. Il avait mis trois ans pour arriver chez nous mais on a perdu sa trace très rapidement », ajoute Alain Jean. Avec ses 237 photos et ses 103 vidéos, la base de données contributive du Groupe loup ne cesse en tout cas de s’étoffer. Dans un contexte où les captures et les autorisations de tir, rappelle le bénévole, « ont, elles aussi, augmenté cet été et font craindre pour l’avenir de cette espèce protégée ». Raison de plus, dit-il, pour analyser et répertorier. « Chaque individu a son individualité et sa façon de se comporter. C’est très important de savoir à qui on a affaire. Y compris pour les éleveurs qui en font les frais ».