Le RN embarrassé après les propos racistes d'un policier municipal à Carcassonne

Par Anne Feitz
Une nouvelle polémique pourrit la rentrée du Rassemblement national. Après la divulgation par le quotidien « Midi Libre », mercredi, des propos racistes, homophobes et misogynes d'un policier municipal à Carcassonne, le parti d'extrême droite est confronté à une avalanche de critiques, ayant du mal à convaincre de la bonne foi du maire RN de la ville, Christophe Barthès. « Bicots », « bougnoules », « nègres », « singes », « connasses », « gauche de merde » : captés accidentellement par une vidéo piéton, ces propos ont été tenus en novembre 2025 par des policiers municipaux, sous l'ancienne mairie (divers droite). La vidéo avait circulé en interne, ce qui avait donné lieu à l'ouverture d'une enquête administrative dès la fin de 2025. Le principal intéressé s'était mis en arrêt maladie au même moment.
Radiation immédiate
Celui-ci a réintégré son poste le 16 mars 2026, au lendemain du premier tour des élections municipales (Christophe Barthès a été élu au second tour le 22 mars). Le RN plaide aujourd'hui l'ignorance, même si, selon la presse locale, le dossier lui a été transmis par la mairie sortante. Mais le policier incriminé était aussi encarté au RN, et bénévole au sein de son service d'ordre. Et la presse locale le dit proche de Christophe Barthès. Le maire a toutefois attendu la divulgation de la vidéo, mercredi, pour dénoncer des propos « à vomir et inexcusables », assurant que « tous les protagonistes de cette affaire seront suspendus immédiatement et sanctionnés ». Il a reconnu avoir reçu les conclusions de l'enquête administrative le 19 mai, mais affirmé qu'elle ne permettait pas d'identifier les auteurs des propos scandaleux.
Déferlement de commentaires indignés
La direction du RN a de son côté condamné « avec la plus grande fermeté » les propos tenus « qui vont à l'encontre des valeurs portées par [leur] mouvement ». Elle affirme avoir « immédiatement procédé à sa radiation des effectifs du service d'ordre, ainsi qu'à son exclusion du Rassemblement national ». Sans pour autant éviter que l'affaire prenne une proportion nationale, ayant suscité un déferlement de commentaires indignés de l'ensemble de la classe politique à moins de huit mois de la présidentielle de 2027.