« C’est presque du cours particulier » : à Saint-Michel-en-Grève, l’école résiste avec sa classe unique
Ils ont chacun un casque à leur nom, ça, ce ne serait pas possible dans une école à effectif plus élevé. À l’école publique de Saint-Michel-en-Grève (Côtes-d’Armor), où résident 447 âmes, maternelles et primaires circulent sans se cogner à bord de tricycles ou trottinettes. Il faut dire que l’espace ne manque pas : quinze élèves se partagent la cour de récréation cette année. C’est plus qu’en 2025, où douze élèves étaient scolarisés dans l’établissement.
Quinze élèves, « ça demande beaucoup d’adaptation »
Depuis 2024, l’école, qui comptait jusqu’alors deux classes, fonctionne en classe unique. Les maternelles, les CP, CE1, CM1 et CM2 (il n’y a pas de CE2 cette année) se partagent la même salle et la même enseignante et directrice. Cette dernière, Gaëlle Aurégan, est arrivée à la rentrée 2025, après plusieurs années dans les Yvelines. Ça demande beaucoup d’adaptation et d’organisation, mais c’est très intéressant la classe unique , assure-t-elle, ravie de pouvoir compter sur l’autonomie des plus âgés. Les CM font du tutorat aux CE lorsqu’ils en ont besoin. Et les plus jeunes sont aussi poussés vers le haut : ils écoutent les leçons des grands et ils vont à la piscine plus tôt que dans les autres écoles, car les grands y vont. Au final, tout le monde progresse plus vite , explique la directrice. C’est presque du cours particulier , sourit Catherine Menguy, Atsem (agente territoriale spécialisée des écoles maternelles) depuis quarante-deux ans et dans l’école depuis seize ans. Elle aussi, permet à l’enseignante de consacrer du temps à chaque niveau. Et les écoles des communes voisines emmènent, à l’occasion, des élèves de Saint-Michel-en-Grève en sorties scolaires.
« Le harcèlement n’existe pas ici »
Gaëlle Aurégan peut aussi s’appuyer sur la bonne ambiance qui règne dans l’école. Les enfants se connaissent bien, ils jouent tous ensemble et ils s’entraident , expose ainsi Catherine Menguy, qui les surveille le soir, à la garderie. Le harcèlement n’existe pas ici, c’est une petite famille. C’est facile de gérer les micro-conflits, on voit tout, on sait ce qui se passe , ajoute la directrice. D’ailleurs, elle n’écrit jamais de mots pour les parents dans les carnets de liaison , mais leur transmet directement les informations à l’oral. À la fin de l’été, les parents d’élèves sont même partis camper avec leurs enfants pour créer du lien avant la rentrée. Malgré l’implication des parents, la volonté de la municipalité et celle de la directrice, l’établissement reste sous surveillance. On est toujours à risque, on attend de voir ce que dira l’inspection. Mais ce serait triste que ça ferme , reconnaît la directrice, en confiant dans un demi-sourire : Les parents sont prêts à s’accrocher aux grilles. L’ouverture d’une Mam (Maison d’assistantes maternelles) d’une dizaine de places, à quelques rues de l’école, en septembre 2024, laisse toutefois présager de futures inscriptions.