4,4 millions d'euros pour les agriculteurs des Côtes-d'Armor victimes de la sécheresse

4,4 millions d'euros. C'est l'enveloppe réservée aux Côtes-d'Armor dans le cadre du fonds de réarmement agricole, destiné à soutenir les exploitations les plus durement frappées par la canicule et la sécheresse. Sur les 15,9 millions d'euros mobilisés pour la Bretagne, le département capte ainsi 27,6 % des crédits. Le guichet doit ouvrir la semaine prochaine sur la plateforme Démarches numériques. L'Etat vise un premier versement avant la fin du mois, alors que les effets de l'été se font encore sentir dans les exploitations.
Rendements et stocks sous pression
Dans les Côtes-d'Armor, les épisodes successifs de fortes chaleurs et la sécheresse persistante ont pesé sur les rendements et fait fondre les stocks disponibles. Les élevages d'herbivores et les filières fruits et légumes sont particulièrement exposés. Face à cette situation, le préfet a réuni mercredi la cellule départementale « Sécheresse », associant Chambre d'agriculture, syndicats agricoles, banques, assureurs, MSA et services de l'Etat. Objectif : traduire rapidement le plan national, doté de plus d'un milliard d'euros, en mesures adaptées aux réalités locales et aux niveaux de pertes constatées. Premier dispositif mobilisé, l'indemnisation de solidarité nationale (ISN) doit permettre de compenser rapidement les pertes exceptionnelles. Les agriculteurs pourront déposer une demande simplifiée en ligne sur Calamnat dès la semaine prochaine, selon les territoires concernés et les seuils réglementaires.
Trésorerie : plusieurs leviers activés
Le plan prévoit également un dégrèvement de taxe foncière sur les propriétés non bâties pour les exploitants sinistrés. Ceux ayant déjà payé leur taxe pourront être remboursés. Le mécanisme doit aussi bénéficier aux fermiers locataires, sous réserve de la redistribution du dégrèvement par les propriétaires. La MSA pourra, de son côté, prendre en charge une partie ou la totalité des cotisations sociales des exploitations les plus fragiles. Les maraîchers seront prioritaires, compte tenu de la gravité de la situation. Eleveurs bovins et avicoles, producteurs de lait, grandes cultures et légumes de plein champ sont également ciblés. Enfin, le guichet d'aide à l'achat de gazole non routier (GNR) sera prolongé en fonction de l'évolution des prix. Un arsenal destiné à éviter que le choc climatique ne se transforme en crise de trésorerie durable et à permettre aux exploitations les plus touchées de relancer leur production.