« Pour moi l’ambition c’est la sobriété, la solidarité » : Après un été bouillant, Nathalie Appéré veut accélérer
Entre un été « caniculus horribilis », des projets à poursuivre et une rentrée politique nationale chargée, la maire socialiste de Rennes (Ille-et-Vilaine), Nathalie Appéré, tire des bilans et dresse les priorités en cette rentrée. Cet été, Rennes a connu de nombreuses vagues de chaleur intenses et l’Ille-et-Vilaine, est toujours en crise sécheresse. Quel bilan tirez-vous et quelles solutions ? On a connu l’été de tous les records et on assiste à la tropicalisation du climat à vitesse grand V : 42 °C à Rennes, jusqu’à peu c’était inconcevable et on a vu à quel point ces épisodes s’accélèrent. Avec presque un goût amer de confinement ou d’empêchement, des annulations d’évènements, une vie sociale rétrécie, des inégalités qui se décuplent et des conséquences sur la santé. Plus que jamais, il est urgent d’agir. On n’a pas attendu 40 °C pour penser une bifurcation écologique : les bases de la « ville oasis » qu’on est en train de construire sont solides et posées. En activant à la fois les leviers l’adaptation et de décarbonation. Après cet été caniculaire, qui peut encore penser que découvrir la Vilaine et végétaliser ne sont pas une priorité ? On tire cependant aussi les enseignements de cette crise. Il nous faut accélérer mais notre capacité à faire dépend aussi des moyens qu’on est capables d’y consacrer. Le financement des rénovations thermiques d’écoles, de végétalisation de la ville pour qu’elle reste vivable est-il assuré ? Quand durant la campagne municipale j’ai dit que le grand enjeu de ce mandat c’était de mettre 500 millions d’euros sur la table pour rénover (notamment thermiquement) les équipements plutôt que de créer des projets pharaoniques, certains ont estimé que je manquais d’ambition. Pour moi, l’ambition c’est justement la sobriété, la solidarité renforcée et pas la « carbonation ». Visiblement, ce n’est pas de l’État que vous espérez une action ni des financements… Je n’attends rien du gouvernement actuel parce qu’en dix ans de macronisme, on a foncé droit dans le mur du réchauffement climatique. Preuve en est que le plan de 60 millions annoncé au début de l’été pour rénover les écoles bouilloires est tombé à 20 millions à la rentrée parce qu’entre-temps, la priorité, c’était devenu l’électrification. Je n’attends donc pas d’argent de l’État, mais encore faut-il qu’il arrête de faire les poches des collectivités en ponctionnant des recettes fiscales qui étaient les nôtres. Nous sommes prêts, nous avons un plan pluriannuel d’investissements de trente-cinq équipements à rénover, à raison de six ou sept millions chacun. Ça ne se fait pas en claquant des doigts. Après l’expérimentation de bancs, toiles d’ombrages et autres plants en pots sur la dalle du Colombier cet été, quid du grand projet de rénovation tant attendu ? C’est une priorité de ce mandat que de rénover ce quartier qui vieillit dans son bâti autant que son espace public. Il y a un alignement de planètes entre la copropriété Sully et le centre commercial des Trois soleils [un projet privé de rénovation devrait bientôt débuter, NDLR] et le travail sur l’ancien cinéma Cinéville [racheté par la Ville]. L’objectif est de faire de ce bâtiment un attracteur à dimension festive et culturelle. Les discussions se poursuivent aussi avec le Live club [la boîte de nuit sur la dalle] pour son avenir. Tout n’est pas scellé. Quand les Rennais découvriront-ils enfin le projet qui va redonner vie à l’ex-chapelle Saint-Yves ? Il y a eu beaucoup d’intérêt pour ce lieu [et donc de projets déposés, NDLR], mais l’un d’entre eux retient particulièrement notre attention. Il a une dimension culturelle très forte et permettrait de rouvrir ce lieu au public. Des considérations techniques sont en train d’être étudiées mais la décision sera dévoilée cet automne. C’était une des infos de la fin de l’été : il n’y aura pas d’exposition de la collection Pinault, à l’été 2027. Qui a pris cette décision ? Exporama aura bien lieu en 2027 mais elle ne gardera pas la forme actuelle d’une exposition propre à la collection Pinault, au Couvent des Jacobins, comme c’est le cas tous les deux ans depuis 2018. Après quatre éditions, nous travaillons avec eux, en transparence et en confiance, sur l’évolution de notre collaboration. La décision s’est prise de manière assez convergente et pacifiée. Je crois que la collection avait également des questionnements sur l’organisation, le lieu et l’engagement dans d’autres projets. Mais cela ne signifie pas la fin des partenariats ou une altération des relations avec François Pinault. Il n’est d’ailleurs pas exclu que l’on revienne au format précédent en 2029. François Pinault et Pinault Collection sont attachés au partage des œuvres avec le public rennais.