À Avignon, Olivier Galzi lance son mouvement politique malgré les « sabotages » de « l’extrême gauche »

À Avignon, Olivier Galzi lance son mouvement politique malgré les « sabotages » de « l’extrême gauche » RÉCIT - Le nouveau maire de la Cité des papes s’apprête à lancer son mouvement politique centré autour des territoires. L’occasion pour certains partisans de la gauche radicale d’ajouter leur grain de sel en guise de provocation.
Son arrivée à Avignon n’est pas passée inaperçue. Jadis sur les plateaux de télévision, Olivier Galzi a troqué le micro pour le fauteuil de maire de la cité des papes le temps d’une ascension fulgurante. Un parcours politique local aux antipodes des clivages partisans traditionnels et qui le conduit ce jeudi 10 septembre à lancer son propre mouvement, «Le Bon sens des territoires». Inscrit au scrutin municipal sans étiquette mais classé comme « divers droite », l’édile entend rassembler citoyens et élus issus des « territoires » pour leur proposer un retour à leurs « racines ». « En étant au contact de nombreux élus dans le Vaucluse, je me suis rendu compte qu’il existait une majorité silencieuse. Celle des gens qui pensent que l’engagement du territoire est important. La France n’existe que par ses territoires. Ses racines ont été atrophiées depuis ces années alors qu’il fallait les arroser », confie l’édile au Figaro avant la soirée de lancement de son mouvement à Avignon. « L’hypercentralisation a conduit au déclin de notre pays et de nos territoires. L’idée de ce mouvement, c’est de replacer le territoire au centre de la décision, dans une logique de bon sens et hors d’un système partisan », poursuit le maire, qui se dit « en colère ». « Mon sentiment aujourd’hui, c’est qu’on est arrivé dans un système partisan qui a préempté le porte-parolat des citoyens. Certains se sont mis en marge en n’allant plus voter, d’autres ont choisi les extrêmes », analyse Olivier Galzi. Un discours déjà vu et entendu ? « Ce que je propose, c’est une verticalité qui part du bas. Le macronisme, quant à lui, a proposé la verticalité qui part du haut », balaye l’édile spontanément.
Une tentative de « sabotage » de « l’extrême gauche »
Signe que l’initiative fait réagir, la soirée de lancement prévue ce jeudi soir à La Scala Provence aurait été la cible d’une tentative de « sabotage » perpétrée par des sympathisants de « l’extrême gauche ». Comme révélé par nos confrères du Dauphiné Libéré et confirmé au Figaro, plusieurs personnes rassemblées dans un groupe WhatsApp commun ont fait bloc pour tenter d’inonder l’évènement de réservations fantômes. D’après les captures d’écran du groupe que nous avons pu consulter, plusieurs personnes se targuent d’avoir bloqué plusieurs places pour faire vider le théâtre avant l’heure. « Ce serait génial de se jeter très vite sur les places pour que la salle soit à moitié vide mais remplie essentiellement d’éco-terroristes-féministes (sic) ! Le rêve !!! », écrit un utilisateur de la messagerie instantanée. « N’hésitez pas à prendre plein de places pour que Galzi soit face à une salle vide ! Ou alors remplie de personnes de l’opposition », poursuit-il. Des méthodes que les équipes du maire attribuent sans ambiguïté à « l’extrême gauche ». « Lorsque le lien avait été diffusé, très vite, on avait fait salle comble. Il fallait regarder de près pour voir les fausses inscriptions. On voyait des gens qui étaient à l’autre bout de la France, d’autres portaient de faux noms, il y avait aussi des gens décédés », confie l’entourage de l’élu, qui indique que 300 personnes ont été retirées du fichier des inscrits. « Cela vient des réseaux d’extrême gauche. Olivier dérange ici », explique-t-on. « Ce sont des gens qui passent leur journée à crier au fascisme en évoquant la liberté d’expression, alors qu’ils tentent d’étouffer un mouvement citoyen », regrette Olivier Galzi. C’est un monsieur qui fait des opérations dans les quartiers, comme les narcotrafiquants, en louant des châteaux gonflables
Olivier Galzi à propos de Raphaël Arnault
Car à Avignon, une autre figure de la politique a fait son trou avec insolence. Il s’agit de Raphaël Arnault. En 2024, le député Insoumis du Vaucluse avait été parachuté par LFI dans la cité des papes avec pour objectif de prendre la ville et d’y installer un véritable siège avant le scrutin municipal. Une campagne agressive et intimidante menée par sa Jeune Garde, désormais officiellement dissoute. « Ils sont toujours très présents et ils sont plus visibles que l’opposition de gauche grâce à la force de frappe de Raphaël Arnault », évoque une source politique locale en mentionnant les soutiens du parlementaire. « Raphaël Arnault est surtout présent sur ses bastions électoraux : les quartiers. On ne le voit plus aux cérémonies officielles », poursuit cette source en évoquant les tensions entre le député et le maire, ce dernier ayant refusé de serrer la main du premier lors de la cérémonie de commémoration du 8 mai. « Pour moi, Raphaël Arnault, c’est une caricature. C’est l’histoire d’un Lyonnais qui, au lendemain de la dissolution, a vu la lumière grâce à son parti qui lui a proposé de se balader dans les quartiers avec un drapeau palestinien pour être élu. C’est un monsieur qui prône la violence en politique, qui la justifie entièrement », tacle Olivier Galzi.
Des élus de toute la France présents jeudi soir
En guise de pied de nez, le député LFI organisera ce jeudi soir un « barbecue populaire » dans le quartier Saint-Jean, miné par le narcotrafic. « Avignon, on se retrouve ce jeudi soir pour un moment de convivialité et d’échanges autour d’un barbecue et d’activités pour les enfants », écrit l’élu Insoumis sur sa page Facebook. Contacté à ce sujet par Le Figaro, ce dernier n’a pas répondu à notre sollicitation. « C’est un monsieur qui fait des opérations dans les quartiers, comme les narcotrafiquants, en louant des châteaux gonflables . Je trouve que là, on a touché le fond du respect des populations qui vivent dans ces quartiers-là », avance Olivier Galzi, qui assure vouloir « réconcilier les quartiers d’Avignon avec le centre-ville ». « On ne peut pas aller jouer de toutes les divisions via des conflits internationaux pour faire de l’électoralisme sur fond de division. Mon mouvement sera présent à toutes les élections et j’espère qu’il siégera au Sénat dès le mois de septembre. On sera présent aux législatives pour sortir Raphaël Arnault car nous serons les seuls à le faire. L’appareil socialiste a fait alliance avec LFI, donc ce n’est pas lui qui le sortira », soutient le maire d’Avignon en évoquant l’opposition au conseil municipal. De quoi acter les bases d’une ambition nationale ? « Il veut construire sa stature nationale », affirme une source avignonnaise. « Je me suis aperçu que beaucoup de gens étaient intéressés par ce qui s’était passé (son élection à Avignon, NDLR). J’ai eu des coups de fil, des gens qui sont venus dans mon bureau comme un président de région ou un candidat à la présidentielle », confirme l’édile en annonçant que 900 personnes seront présentes ce jeudi soir pour l’écouter. « Il y aura des élus qui viennent des Bouches-du-Rhône, du Tarn, des Vosges... Je m’aperçois que partout en France, des gens sont sensibles à cette alternative, qui n’est ni de droite, ni de gauche. Cela montre qu’il se passe quelque chose et que cela dépasse Avignon », martèle le maire.