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Budget 2027 : les grandes villes montent au créneau

Les Échos · 09/09/2026 · ← revue

Par Laurent Thévenin

Oui pour participer au redressement des comptes publics. Mais pas de la même façon qu'en 2026. A trois semaines de la présentation du projet de loi de finances (PLF) pour 2027, les métropoles et les grandes villes posent leurs conditions. « Nous admettons le principe d'une contribution des collectivités territoriales. […] Simplement, celle-ci doit être concertée et juste, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui », a déclaré mardi Jean-Luc Moudenc, le président de leur association France urbaine et maire (divers droite) de Toulouse, lors d'une conférence de presse. Selon France urbaine, l'effort demandé aux collectivités devrait être proportionné à leur poids réel dans le déficit public (6 %) et « réparti équitablement » entre les différents niveaux de collectivités. « Nous avons particulièrement mal vécu que les intercommunalités aient été ciblées » en 2026, a déploré Jean-Luc Moudenc. « Nous ne voulons pas qu'en 2027 cette injustice soit reproduite au détriment des grandes villes et des intercommunalités », a-t-il insisté.

Un « bouclier »

La contribution nette des collectivités membres de France urbaine résultant de la loi de finances pour 2026 s'élève à 918 millions d'euros, d'après le chiffrage avancé par l'association, soit 26 % de la contribution nette totale des collectivités. Pour le PLF en préparation, l'association réclame la création d'un « bouclier » qui plafonnerait les prélèvements à 2 % des recettes réelles de fonctionnement de chaque collectivité. « Cela évitera des effets de bord », a souligné Jean-Luc Moudenc, alors que « plusieurs collectivités de France urbaine ont dû contribuer à hauteur de 4 %, 4,5 % ou 5 % ». Cette proposition aurait, selon lui, reçu « un accueil favorable de la part du gouvernement ». L'association aimerait aussi « un moratoire sur les charges nouvelles imposées par l'Etat ».

« Imprévisiblité financière »

France urbaine revient par ailleurs à la charge pour que les autorités organisatrices de la mobilité puissent augmenter le taux du versement mobilité, à l'instar de ce qui a été fait pour l'Ile-de-France il y a quelques années, où le taux plafond a été porté de 2,95% à 3,2 % (de la masse salariale des entreprises ou employeurs publics de plus de 11 salariés) à Paris et dans les départements de la petite couronne. Des recettes supplémentaires indispensables, selon l'association, pour financer les transports en commun. « Malgré la nécessité d'accélérer le mouvement, nous sommes depuis quinze ans plafonnés à un taux de 2 %. Ce qui veut dire que notre capacité d'agir est atrophiée », déplore Jean-Luc Moudenc. Nathalie Appéré, première vice-présidente de France urbaine et maire socialiste de Rennes, a critiqué de son côté un « niveau d'imprévisibilité financière qui est pour nous extrêmement difficile ». Alors que les territoires urbains sont particulièrement exposés aux canicules, « nous sommes face à un mur d'investissements dans un moment qui est celui d'une forte fragilisation de nos collectivités », a-t-elle souligné. Résultat, selon une étude réalisée en juin par France urbaine, 67 % des collectivités interrogées prévoient de repousser ou de lisser leurs investissements, tandis que 20 % renoncent à certains projets.

Laurent Thévenin