Violences dans le périscolaire à Paris : Anne Hidalgo partage la douleur des familles, sans s’excuser

« Je suis aux côtés des familles des victimes, je partage leur douleur », a affirmé Anne Hidalgo mercredi 9 septembre sur France Inter. « En tant que maire de Paris, savoir que, malgré tous les process, tout ce qu’on a mis en place, tout ce qu’on a fait pour accompagner la parole des victimes, il y a eu des prédateurs qui sont passés entre les mailles d’un filet et ont agressé sexuellement des enfants, c’est une blessure et une douleur », a-t-elle poursuivi. Aux commandes de la capitale entre 2014 et 2026, Anne Hidalgo est visée par une plainte au pénal d’une quinzaine de familles qui dénoncent des violences sexuelles commises sur leurs enfants. Son successeur, Emmanuel Grégoire, qui fut aussi son adjoint, est également mis en cause. « Les faits ne sont pas de qualification pénale », s’est défendue Mme Hidalgo, qui doit par ailleurs être auditionnée la semaine prochaine par une commission d’enquête sénatoriale. « Les familles n’ont pas besoin d’une instrumentalisation de leur douleur, elles ont besoin de vérité », a-t-elle estimé, sans présenter d’excuses, contrairement à Emmanuel Grégoire qui a engagé en avril un plan d’un montant de 20 millions d’euros contre les violences sexuelles dans le périscolaire.
« Ce matin encore, il nous a manqué l’essentiel : des excuses »
« On a regardé point par point ce qui a été fait, où sont les responsabilités (…). Les courriers, j’y ai répondu, mais j’ai un regret qui est de ne pas avoir participé aux réunions » dans les écoles à partir du printemps 2025, quand le scandale a éclaté, a néanmoins affirmé l’ancienne édile. « Nous avions demandé à rencontrer Anne Hidalgo. Elle n’a jamais rencontré ces parents », a réagi Barka Zerouali, porte-parole du collectif #MeTooEcole qui a porté plainte aux côtés des familles. « Ce matin encore, il nous a manqué l’essentiel : des excuses », a-t-elle déploré sur Instagram. « S’excuser revient à reconnaître les faits et à les déplorer. Ne pas le faire est une gifle supplémentaire adressée aux familles et aux enfants victimes, qui ont déjà subi les conséquences des très nombreuses failles d’un système dont, quoi qu’elle en dise, elle avait la responsabilité », a renchéri auprès de l’Agence France-Presse (AFP) Anne, du collectif SOS Périscolaire, qui souhaite rester anonyme. Mme Hidalgo a fait valoir qu’en 2015, lorsque les premiers signalements sont remontés, elle avait demandé un rapport à l’inspection générale de la Ville, et a jugé « totalement fausses » les allégations selon lesquelles ses préconisations sont restées lettre morte. « Dès 2015, j’ai obtenu du parquet que nous puissions accéder aux fichiers des délinquants sexuels », a-t-elle notamment plaidé. « Il y avait trois filtres qui ont toujours été à ma connaissance mis en œuvre pour les recrutements : les fichiers des délinquants sexuels, un fichier [du ministère] de la jeunesse et des sports, la consultation des casiers judiciaires », a détaillé l’ex-maire.