Présidentielle 2027 : Edouard Philippe passe à l'offensive pour réunir la droite et le centre

Edouard Philippe passe à la vitesse supérieure. A huit mois du premier tour de l'élection présidentielle, le candidat Horizons a réuni ce mardi son nouveau comité de campagne. Autour de la table, aux côtés des lieutenants historiques du maire du Havre (Seine-Maritime) figuraient ses nouveaux soutiens, dont le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, l'ancienne ministre Nathalie Kosciusko-Morizet ou encore la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon. A ses fidèles, Edouard Philippe a fait part de son intention de convier l'ensemble des forces politiques de la droite et du centre afin de poser les jalons des élections législatives de 2027. Qu'ils soient candidats ou non, les différents chefs de file de cet espace, que l'ex-Premier ministre délimite du Modem de François Bayrou à Nouvelle Energie de David Lisnard, recevront dans les prochains jours une invitation officielle à cette réunion. « Si nous continuons à nous diviser, nous ne gagnerons pas », a mis en garde Edouard Philippe à l'issue de ce premier comité de campagne dans la soirée.
Préparer une future majorité
« Quand vous êtes en tête dans les intentions de vote, votre responsabilité est de préparer les bases pour la suite. On ne peut pas attendre le mois de mars pour en parler », développe l'un des visages de sa campagne, alors que le Normand est à ce stade le mieux placé à droite et au centre pour accéder au second tour. La rencontre, à laquelle seront conviés au premier chef Gabriel Attal (Renaissance) et Bruno Retailleau (Les Républicains, LR), devrait se tenir autour de la Toussaint, « fin octobre, début novembre », précise son entourage. Le temps de laisser passer les élections sénatoriales du 27 septembre, alors que les stratégies propres à chaque parti au sein de la Chambre haute constituent un obstacle immédiat à tout rapprochement pour la présidentielle. On tend la main au risque d'avoir une crampe et de se fragiliser le deltoïde.
Un proche d'Edouard Philippe
Avec cette main tendue, Edouard Philippe continue de se poser en figure de rassembleur et accentue la pression sur ses deux principaux rivaux, renvoyés au rôle de diviseurs s'ils refusaient l'invitation. Ce premier pas est aussi motivé par la recherche d'une future majorité à l'Assemblée nationale, dont tout le monde convient qu'elle sera très difficile à construire. A Tourcoing (Nord) fin août, le maire du Havre avait appelé à créer un « nouveau parti » ou une « confédération de partis » pour obtenir une « majorité absolue » et gouverner en 2027. Sans pour autant « refaire » l'UMP, dont il a été le premier directeur général après sa création en 2002, avait-il précisé.
Refus de Bruno Retailleau
Sans surprise, Bruno Retailleau a rejeté d'office la proposition d'Edouard Philippe. « Je n'irai pas. C'est une réunion pour les macronistes, entre les macronistes », a déclaré le président de LR sur CNews dans la soirée. Ce dernier répète en boucle que les Français ne voudront pas d'« une saison 3 du macronisme ». Si Gabriel Attal n'a pas encore répondu de son côté, le secrétaire général de Renaissance a plusieurs fois tenté de ringardiser Edouard Philippe en l'accusant de vouloir « recréer l'UMP d'il y a vingt ans, avec les gens d'il y a vingt ans ». « On tend la main au risque d'avoir une crampe et de se fragiliser le deltoïde », admet un proche d'Edouard Philippe. Lors de ce premier comité de campagne, le candidat à l'Elysée a aussi confirmé qu'il allait quitter la présidence de son parti Horizons, fondé en 2021 pour porter ses ambitions présidentielles, dès le 1er octobre. « Edouard Philippe s'applique à lui-même ce qu'il appelle de la part des autres, c'est-à-dire une capacité à se rassembler au-delà des partis », avance son entourage. Autre nouveauté : des comités de soutiens locaux à sa candidature seront aussi lancés sur tout le territoire. Une manière de porter son idée de rassemblement auprès des élus locaux, d'accueillir de nouveaux soutiens et d'élargir sa base militante.