Maison Morisseau veut faciliter le transport des moules avec sa nouvelle barquette

En vingt ans, le nombre de poissonneries indépendantes a été divisé par deux, selon les organisations professionnelles du secteur. Face à cette crise, les commerçants misent sur des produits à plus forte valeur ajoutée, des plats cuisinés par exemple, mais aussi en jouant la carte du service. Symbole de cette mutation : l'essor des casiers en libre accès, ouverts 24 heures sur 24, qui exigent toutefois des conditionnements adaptés. En un mot, des barquettes, telles que celle récemment développée par la Maison Morisseau pour augmenter les ventes de sa spécialité, la moule de bouchot premium. Mis au point dans ses ateliers du Vivier-sur-Mer, entre le Mont-Saint-Michel et Saint-Malo, en Ille-et-Vilaine, ce nouvel emballage a demandé plusieurs mois de développement afin de le rendre à la fois facile d'utilisation et étanche.
Emballage étanche
Pour y parvenir, le producteur a fait le choix d'un contenant en bois, peu ou prou semblable aux bourriches d'huîtres, auquel un « pelliplacage » - film étanche - a été ajouté, de même qu'un buvard. « Le plus gros du travail a porté sur la quantité de moules à disposer. Il fallait suffisamment les compresser pour éviter qu'elles ne s'ouvrent, sans nuire au produit. L'autre contrainte était de réduire au maximum le coût de l'emballage pour maîtriser le prix de vente », détaille Stéphane Hesry, le président de la PME. Outre les rayons en libre-service des poissonneries, ce nouveau format de 1,5 kg, lancé au mois de juillet dernier, doit aussi permettre à Maison Morisseau de se positionner à l'exportation. Aujourd'hui, le producteur, dont les origines remontent aux années 1950, n'expédie que 1 à 1,5 % de sa production chaque année, principalement auprès de restaurants à Hong Kong. Pour porter cette part à « 20 % d'ici à cinq ans » comme le souhaite le dirigeant, l'entreprise mise sur son innovation, présentée comme « pratique, car facilement empilable » dans les zones de stockage.
Tournant stratégique
Cette stratégie à l'international s'inscrit dans le cadre d'un plan de transformation plus large lancé par l'entreprise depuis trois ans. Dans un contexte difficile, marqué par une baisse des rendements liée à de nouveaux prédateurs, Maison Morisseau a sécurisé ses approvisionnements en rachetant deux concessions, dont celle d'Agon-Coutainville, dans la Manche. Résultat : alors qu'elle n'élevait que 30 % du volume vendu en 2023, l'entreprise en produit aujourd'hui plus de 60 %, soit quelque 2.000 tonnes sur un total de 3.200 tonnes, négoce compris. En parallèle, un travail a été mené pour davantage segmenter l'offre proposée à ses 300 clients, répartie entre les moules premium sous la marque Maison Morisseau, les moules AOP ou les bouchots « sélection » par exemple. Depuis quatre ans, 3,5 millions d'euros ont été injectés pour moderniser l'outil industriel. Cette stratégie a porté ses fruits : en 2025, Maison Morisseau, qui emploie une soixantaine de salariés, a affiché un chiffre d'affaires de 9,5 millions d'euros, contre 6,5 millions d'euros en 2023.