Périscolaire à Paris : après les plaintes des parents, l’association Transparence citoyenne part à la chasse aux élus

Périscolaire à Paris : après les plaintes des parents, l’association Transparence citoyenne part à la chasse aux élus DÉCRYPTAGE - L’association, qui «vise à lutter pour la probité des élus» et connue pour décortiquer leurs notes de frais, a saisi le parquet de Paris pour «absence de dénonciation de mauvais traitement et de délit» envers des enfants dans les écoles parisiennes.
Les poursuites judiciaires contre les élus parisiens dans le cadre du scandale du périscolaire se multiplient. Les 24 et 25 août derniers, trois familles du 7e arrondissement déposaient plainte contre l’ancienne maire de Paris, Anne Hidalgo, et de son ex-adjoint Patrick Bloche - chargé de l’éducation, de la petite enfance et des familles, d’octobre 2017 à mars 2026 -, pour non-assistance à personne en danger sur mineurs de 15 ans. Vendredi 4 septembre, à leur tour, 17 familles annonçaient déposer plainte contre les deux élus mais aussi contre l’actuel édile Emmanuel Grégoire - adjoint chargé des ressources humaines de 2014 à 2017 et premier adjoint de 2018 à 2024 -, pour «mise en danger délibérée de la vie d’autrui», «non-dénonciation d’agression ou d’atteinte à des personnes mineures» et «non-assistance à personne en danger». L’association Transparence citoyenne sort du bois et annonce à son tour avoir émis un signalement pour «absence de dénonciation de mauvais traitement et de délit commis à l’encontre de mineurs dans le cadre d’activités dites “périscolaires” à Paris» auprès du parquet de Paris le 6 avril dernier. Connue notamment pour mettre en lumière les montants des notes de frais des représentants politiques parisiens - dont Anne Hidalgo en septembre 2025 -, Transparence citoyenne se définit comme une association qui «vise à lutter pour la probité des élus». Son fondateur, Guillaume Leroy, explique au Figaro sa démarche : «Au printemps dernier, aucune famille n’avait publiquement fait part de poursuites judiciaires envers les élus. Pourtant, certains éléments prouvent bien que certains avaient été alertés au sujet de violences de la part d’animateurs. Alors, en tant que père de famille, j’ai aussi voulu contribuer à lever le voile sur ces faits.» Guillaume Leroy a été auditionné par la police judiciaire de Paris en juillet dernier. » LIRE AUSSI - Scandale du périscolaire : la mairie de Paris mène une opération «anti-psychose» auprès des parents S’il a tenu à laisser la police et la justice faire son travail au printemps dernier, les plaintes déposées par plusieurs familles ces derniers jours l’ont poussé à évoquer publiquement ce signalement. «Il y a une volonté de la part des parents que les élus répondent de leurs éventuels comportements. Cela me donne raison sur l’action que j’ai menée de mon côté, et donc j’ai envie d’aider les familles à mon échelle», ajoute Guillaume Leroy.
Des alertes lors des conseils municipaux
En visionnant les conseils municipaux de Paris de ces dernières années, le président de l’association a pu constater qu’Anne Hidalgo et ses équipes avaient été alertées à plusieurs reprises. «Dès le 14 avril 2015, lors d’une séance du Conseil de Paris, M. Jean-Pierre Lecoq, maire du 6e arrondissement, a directement interpellé Madame Anne Hidalgo et Monsieur Emmanuel Grégoire à la suite de l’audition, par la police judiciaire, d’un surveillant de collège», indique Guillaume Leroy dans son signalement à la procureur de la République de Paris, consulté par Le Figaro. Avant de préciser qu’au cours de son intervention, Jean-Pierre Lecoq a «expressément demandé» la sécurisation immédiate des procédures de recrutement des personnels amenés à exercer leurs fonctions auprès des enfants. Puis de le citer : «Vous ne pouvez tirer un trait sur ces affaires d’abus sexuels, qui provoquent des traumatismes irréparables (...) Les personnels sont recrutés trop rapidement, il faut connaître leurs précédents psychologiques, voire judiciaires», alertait l’élu du 6e arrondissement. Guillaume Leroy mentionne également le rapport de la mission d’information et d’évaluation consacrée à la politique périscolaire de la Ville de Paris, publié en avril 2016, dans lequel plusieurs «recommandations tendant à renforcer le processus de recrutement des agents, en vue de prévenir les violences sexuelles susceptibles d’être commises à l’encontre des enfants» sont listées. Mais aussi les multiples apostrophes de l’élue LR du 15e arrondissement, Inès de Raguenel, en Conseil de Paris, pour faire part de constats similaires courant 2025.
Des auditions d’élus par le Sénat prévues mi-septembre
Outre le rapport de l’inspection générale de la Mairie de Paris, déjà mentionné depuis plusieurs mois, «des travaux ultérieurs de l’inspection générale existent mais ne sont pas accessibles publiquement. J’ai fait la demande pour pouvoir les consulter, j’espère les obtenir», confie Guillaume Leroy. Pour l’heure, le parquet de Paris n’a pas confirmé si une enquête avait été ouverte après le signalement de Transparence citoyenne. Au-delà des familles et des associations, la commission d’enquête du Sénat, lancée le 1er juillet dernier, attend également des réponses sur le sujet. Le 15 septembre prochain, Anne Hidalgo et Patrick Bloche seront auditionnés par Agnès Evren (LR). Le lendemain, Emmanuel Grégoire sera reçu. De son côté, la mission d’information et d’évaluation (MIE) présidée par Inès de Raguenel, qui s’est ouverte le 2 juillet dernier, devrait également entendre Anne Hidalgo, Patrick Bloche et Emmanuel Grégoire ces prochains jours.