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Périscolaire à Paris : l’école pour professionnaliser les animateurs de la Ville a ouvert ses portes

Ouest-France · 07/09/2026 · ← revue

C’est l’une des nouveautés clés du plan d’action annoncé au printemps par le maire, Emmanuel Grégoire, contre les violences faites aux enfants. L’école parisienne du périscolaire est officiellement lancée en cette rentrée 2026, porte d’Italie (XIIIe arrondissement). Un centre voulu pour professionnaliser une filière animation mise à mal par le scandale d’agressions, notamment sexuelles, qui secoue la capitale depuis l’an passé. Depuis janvier dernier, 132 animateurs ont été suspendus dont 52 pour des suspicions de violences sexuelles et sexistes. Plus de 200 enquêtes pénales sont par ailleurs en cours dans les écoles primaires et les crèches de la capitale selon le parquet de Paris. Ce dernier a reçu aussi des signalements de conseillers municipaux mettant en cause la responsabilité de la Ville, ainsi que des plaintes de familles d’écoliers visant notamment Anne Hidalgo et son ex-premier adjoint Emmanuel Grégoire.

« Révolutionner l’accompagnement des professionnels »

Le nouveau maire, dès son élection en mars, a indiqué faire une priorité de son mandat la lutte contre les violences aux enfants. Il a présenté en juin un plan d’action à plus de 20 millions d’euros reposant sur six axes majeurs : transparence et information des familles, culture du signalement, professionnalisation et formation massive des agents, sécurisation renforcée (recrutement, encadrement et contrôle), prise en charge des victimes et accompagnement psychologique, ainsi qu’une convention citoyenne pour refonder le modèle parisien. L’école parisienne du périscolaire est « complètement inédite en France », a insisté Emmanuel Grégoire. Elle « vise à révolutionner l’accompagnement des professionnels », a-t-il ajouté. Leur « garantir un parcours adapté » à leur métier et à leur « niveau de responsabilité ».

« Formation obligatoire de tout agent du périscolaire »

Parmi les « nombreux objectifs de ce centre », a rappelé encore le maire, il y a d’abord la « formation obligatoire de tout agent (14 000 aujourd’hui, vacataires compris) amené à intervenir au périscolaire : 48 heures de formation initiale sur la prévention des violences sexuelles et les violences éducatives ordinaires ». Également « l’accompagnement des formations au Bafa (brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur), pas obligatoire mais que l’on souhaite développer ». C’est aussi un cycle de formation de 100 heures pour 3 000 animateurs titulaires et contractuels de la filière, a précisé l’édile socialiste, rappelant sa promesse de « contractualiser 2 000 agents supplémentaires dans les années qui viennent ». Tous seront formés sur l’ensemble de la mandature, « de façon à avoir des cœurs d’équipes extrêmement aguerris et formés », a encore précisé Emmanuel Grégoire.

« Aider à la manifestation de la vérité »

Concernant le climat dans le périscolaire parisien en cette rentrée, l’édile indique « en mesurer évidemment la gravité », rappelant être « pleinement mobilisé » avec l’ensemble de l’exécutif, les maires d’arrondissement et l’administration. « Oui, il y a un climat parfois un peu pesant », dit encore celui qui sera auditionné par une commission d’enquête du Sénat le 16 septembre, « mais la réalité c’est que ça se passe bien sûr le terrain. Les parents peuvent être à la fois interrogatifs et en même temps confiants sur la qualité d’accueil […]. Évidemment il y a des parents qui sont en colère et notamment ceux qui sont directement concernés par des violences sexuelles touchant leur enfant. Je leur dis que nous nous ferons tout pour aider à la manifestation de la vérité. » Il insiste sur « les mesures correctives spectaculaires prises maintenant depuis plusieurs mois », qui sont de nature à « faire en sorte qu’ils puissent confier, en confiance, leur enfant à l’école publique ».