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Cinéma indépendant, préservation des vieux films… Ce « multilatéralisme de l'image » professé par Emmanuel Macron

Les Échos · 07/09/2026 · ← revue

Par Florent Vairet

Plateformes de streaming, réseaux sociaux, YouTube, intelligence artificielle… « Le cinéma et les images animées connaissent des mutations radicales que personne ne peut ignorer », a lancé Emmanuel Macron en ouverture du Sommet Lumière, qui se tient ce lundi à Saint-Paul-de-Vence, dans les Alpes-Maritimes, coorganisé par la France et la Corée du Sud. L'événement international, qui réunit 65 pays et 220 décideurs de l'industrie du film, de l'animation et des jeux vidéo, a pour ambition rien moins que de jeter les bases de « l'avenir du cinéma » et construire « un multilatéralisme de l'image », selon la volonté du président français. L'Elysée a tenté de traduire ces voeux dans une série d'engagements concrets. En plus du fonds d'un milliard d'euros pour soutenir la filière, que « Les Echos » dévoilaient dès samedi, Emmanuel Macron a lancé une Initiative internationale pour la résilience des cinémas indépendants (Iris), une organisation internationale consacrée à la sauvegarde des cinémas d'art et d'essai et indépendants en danger.

Soutien au cinéma indépendant

Iris devra intervenir rapidement lorsqu'un cinéma ou un distributeur indépendant est menacé, par des financements et l'appui d'expertises. Une initiative dotée de 30 millions d'euros sur trois ans (dont trois millions apportés par la France) qui a reçu sans surprise le soutien des stars du cinéma d'auteur, dont Juliette Binoche, Jane Campion, Sofia Coppola, Costa-Gavras, Isabelle Huppert, Nanni Moretti ou encore Martin Scorsese. Et parce que le cinéma ne pourrait se projeter dans l'avenir sans une sauvegarde de son passé, le Sommet Lumière lance un nouveau programme pour préserver les vieux films patrimoniaux dont les bobines se dégradent naturellement sous l'effet du temps. Seul 20 % du patrimoine cinématographique mondial serait sauvegardé. Ambition du programme : lever 15 millions de dollars (dont 5 millions apportés par la France) sur les cinq prochaines années. Enfin, un nouveau festival international va être lancé, celui-là consacré aux jeux vidéo. Basé à Montpellier, il récompensera les plus belles créations artistiques, avec l'ambition de se hisser au rang des festivals français les plus prestigieux.

« Déclaration Lumière »

Mis à part ces quelques annonces concrètes (et un programme dédié à l'éducation aux images), le sommet n'a pas dévoilé d'initiatives susceptibles de révolutionner le secteur, souvent faute d'appui budgétaire des Etats, mais il a plutôt multiplié les déclarations de principes, comme autant de bases de réflexion pour construire la suite. VIDEO - Qui finance les films français ? Un rôle qu'espère jouer en particulier le texte phare du sommet, dit la « Déclaration Lumière ». Les signataires de ce texte s'engagent par exemple à refuser de « réduire les images à l'attention qu'elles captent », à « renforcer la découvrabilité des oeuvres » face aux recommandations des IA agentiques ou encore « renforcer la lutte contre le piratage ». Une déclaration d'intention à laquelle se sont associés les plus grands noms du secteur, dont les sept studios américains mais pas en leur nom, et seulement via la signature de leur organisation professionnelle, la MPA. Bien que présents au sommet, aucun n'a finalement pris la parole dans les différences tables rondes organisées durant la journée. Il n'en faut pas moins pour que certains y voient l'ombre de Donald Trump qui ne veut pas voir Européens ou Asiatiques prendre la main sur des sujets internationaux.

Florent Vairet