Revue de presse

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Edouard Philippe : Je n'ai pas une tête de retraite à 67 ans

Les Échos · 07/09/2026 · ← revue

Par Cécile Cornudet

A chacun sa croix dans le bloc central. Gabriel Attal et Bruno Retailleau ne peuvent aller dans un média sans qu'on leur demande quand ils se retireront de la course présidentielle. Edouard Philippe est invariablement questionné sur la retraite à 67 ans. Comment mènera-t-il la réforme, quand va-t-il la confirmer ? « On s'est rendu compte que c'était l'une des principales mesures que les gens retenaient de lui », note Gilles Boyer, codirecteur de sa campagne. Donc, non, il n'a pas la tête d'un président qui portera l'âge légal à 67 ans, a-t-il l'intention de poser. Le candidat percera l'abcès d'ici à la fin septembre, en présentant son projet de réforme. Tout est parti d'une phrase prononcée dans une interview en 2021. « Il faudra un report de l'âge légal à 65, 66 ou 67 ans », disait-il. Ses adversaires, y compris internes, ont retenu le plus haut. Philippe est synonyme de sang et de larmes, c'est si simple. D'autant que pendant longtemps, cette posture de l'homme courageux qui n'aurait jamais laissé dériver le quoi qu'il en coûte lui convenait à lui aussi. Mais désormais qu'il est candidat, c'est une autre histoire. Avant de gouverner, il faut se faire élire.

La rupture

Le sujet retraite reste traumatique en France. En témoigne la réforme Borne, suspendue à l'automne en échange d'une acceptation du budget 2026. Ni Le Pen ni Mélenchon n'ont renoncé à la démagogie. Les concurrents directs de Philippe évitent la surenchère. Même le LR Bruno Retailleau parle désormais plus d'indexation de l'âge de départ sur l'espérance de vie que de couperet à 65 ans. Quant aux proches d'Edouard Philippe, ils vont tous ou presque dans le même sens : « Oublie les 67 ans ! » Gérald Darmanin est de ceux-là, qui a conditionné son soutien à des mesures de « droite sociale ». A Tourcoing, Edouard Philippe a commencé à bouger. « Il faut trouver une solution équilibrée, juste et durable », a-t-il avancé, en estimant que « ce n'est pas la même chose pour le cadre avec RTT et télétravail et pour les gens en travail posté ou pénible ». Dans les coulisses de la campagne se prépare le fameux cocktail, à la recette gardée secrète. « Il ne faut pas casser de la vaisselle, mais préparer l'avenir », dit Nathalie Loiseau. Plusieurs leviers seront sollicités, la capitalisation, la pénibilité, une décote pour inciter à travailler plus longtemps mais un âge légal qui ne soit pas chiffon rouge. 64 ans, comme disent certains ? Le risque dès lors ne sera-t-il pas d'apparaître petit bras, surtout quand les 67 sont à ce point ancrés ? « Il y a mille sujets pour faire la rupture, celui-ci est le pire. » La réponse des philippistes est prête.

Cécile Cornudet