Revue de presse

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« En Bretagne comme ailleurs, il manque des enseignants devant les élèves pour cette rentrée », alerte le Snes-FSU

Le Télégramme · 07/09/2026 · ← revue

69 % des collèges et lycées français ont fait leur rentrée scolaire la semaine dernière avec une équipe incomplète, selon l’enquête du Snes-FSU, dont les résultats sont en ligne depuis ce lundi. Deux tiers des établissements du secondaire manquent d’au moins un personnel, qu’il s’agisse d’un enseignant, d’un conseiller principal d’éducation (CPE), d’un psychologue, d’un accompagnant d’élève en situation de handicap (AESH) ou d’un assistant d’éducation (AED). « Contrairement aux discours optimistes du ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, il n’y a pas un professeur devant chaque classe à la rentrée », communique le syndicat, qui dénonce « la pénurie ». On a des retours de difficultés de recrutement des AESH dans pratiquement tous les établissements bretons du secondaire. Les ajustements en cours se font sur le dos des élèves les plus fragiles.

« Une rentrée trompeuse »

Dans le classement des académies, celle de Rennes s’en sort pourtant moins mal qu’ailleurs : il y manque au moins un professeur dans un tiers des établissements (38,2 %) contre deux tiers (70 %) sur l’académie de Versailles ou 61,70 % sur celle, voisine, de Nantes, par exemple. « Il y a effectivement un effet d’aubaine, lié à la réforme de la formation initiale des professeurs. Les deux concours qui coexistent cette année permettent d’accueillir 40 % de fonctionnaires stagiaires supplémentaires, qui sont déjà tous devant les élèves », expose le secrétaire académique Snes-FSU Matthieu Mahéo. Ce qui n’empêche pas l’inquiétude : « Dès l’an prochain, la petite marge des TZR (Titulaires zones de remplacement) et contractuels pas encore embauchés, dont dispose exceptionnellement le rectorat pour pourvoir les futurs remplacements, n’existera plus. Tant qu’il n’y a pas de réforme structurelle et de revalorisation suffisante des métiers, le cercle vicieux ne sera pas vraiment cassé ». Le cosecrétaire départemental Snes-FSU du Morbihan pointe, pour sa part, des absences de professeurs « en anglais, en espagnol, en arts plastiques », dans une quinzaine d’établissements du département. « Un CDI n’a pas pu ouvrir, faute de documentaliste », soupire-t-il. Pour Fabrice Rabat, il s’agit « d’une rentrée trompeuse ». « Dans un contexte inédit où 500 élèves du privé ont fait leur rentrée dans les collèges publics du Morbihan, on ne peut que s’inquiéter du manque de moyens humains ».

Le manque « très inquiétant » d’AESH

Pour le Snes-FSU breton, le compte n’y est définitivement toujours pas du côté des accompagnants des élèves en situation de handicap. Selon l’enquête nationale, il manque au moins un ou une AESH dans 17 % des collèges et des lycées. « Mais ce chiffre ne dit pas la réalité, assène Matthieu Mathéo. On a des retours de difficultés dans pratiquement tous les établissements bretons du secondaire, avec un effet volume et des difficultés décuplées en Ille-et-Vilaine. Les ajustements en cours se font sur le dos des élèves les plus fragiles. Nous sommes très inquiets des difficultés de recrutement, liés à l’absence de statut et la faible rémunération de ce métier. On ne voit pas comment les choses vont s’améliorer ».