« Tristesse, impuissance » : près de Rennes, ils mettent des mots sur ce que leur inspire le changement climatique
Une quarantaine de personnes ont répondu présentes vendredi 4 septembre 2026 à l’appel de la réunion organisée par Pascal Greboval, conseiller municipal d’opposition à Cesson-Sévigné, près de Rennes (Ille-et-Vilaine) du groupe Pour une ville solidaire et écologique et Amandine Menguy-Chapuis, précisant tous deux qu’aucune étiquette politique ne devait intervenir ce jour, et que cette réunion était transpartisanes. Les organisateurs assurant l’avoir proposée en tant que simples citoyens. L’objectif était de créer un espace pour échanger et faire face collectivement aux inquiétudes suscitées par le changement climatique.
Coupures d’électricité et émotions
Paul, 19 ans l’a très bien compris : Face aux bouleversements environnementaux, je ressens des émotions diverses : inquiétude, tristesse, colère, sentiment d’impuissance… On entend des directives du gouvernement, mais ça reste très abstrait. Ce soir, c’était concret, on ressent tous la même chose . Laure, 49 ans, est venue d’abord inquiète pour l’avenir de ses trois enfants. Elle s’interroge la planète qu’on va leur laisser. Mon arbre centenaire a lui-même souffert de cette chaleur, se brisant à deux endroits à cause de stress hydrique, ce qui n’était jamais arrivé auparavant. Habitant à la campagne au sud de Rennes, nous avons eu plusieurs jours des coupures d’électricité. Cela m’a soulagée de venir à cette réunion et de comprendre que d’autres personnes sont inquiètes après cet été particulier. La rencontre s’inspire de la démarche du « Travail qui relie », développée par Joanna Macy, éco-philosophe américaine, adaptée à un contexte local. Le principe : partir de ce qui nous relie (ici le changement climatique), ce qui nous donne de la gratitude, pour accueillir les émotions liées à la situation actuelle, pour faire émerger les ressources dont nous disposons, individuellement et collectivement. Anita, 56 ans explique : J’étais très surprise par le mode de fonctionnement de cette réunion. Je pensais que ça serait un cercle de personnes qui allaient débattre alors qu’il s’agissait bien plus de rencontres et de dialogues sur nos ressentis. J’en suis ressortie avec la certitude que la planète Terre se mérite. Je ne conçois pas la vie sans la végétation, le vert. L’humain passe après. On devrait faire dès l’enfance un pacte avec la nature pour la préserver. Cette soirée sera suivie d’un second temps (date à définir), tourné vers l’identification de ressources et de leviers d’action, individuels comme collectifs. L’objectif sera de faire émerger des perspectives concrètes pour la suite.