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Présidentielle 2027 : ce qu'il faut savoir à huit mois du premier tour

Les Échos · 04/09/2026 · ← revue

Par Valérie Mazuir

Quand aura lieu l'élection présidentielle en 2027 ? Et les probables législatives anticipées qui suivront ? Qui sont les multiples candidats et comment vont-ils se départager ? Quelles sont les premières propositions de programme dévoilées ? Réponses dans ce dossier. Qui pour remplacer Emmanuel Macron au pouvoir depuis 2017 et contraint à seulement deux mandats consécutifs par la Constitution ? C'est dans un paysage politique fragmenté avec en toile de fond des sondages très favorables à l'extrême droite qu'aura lieu les 18 avril et 2 mai 2027 la prochaine élection présidentielle. Sur la ligne de départ, une foule de prétendants(e) s qui veulent être celui ou celle qui ne laissera pas le Rassemblement national prendre le pouvoir en France. Car donné à plus de 30 % au premier tour dans les sondages, le RN semble avoir la garantie de figurer dans le duel final du second tour, comme en 2017 et 2022. Quand auront lieu la présidentielle 2027 et les probables élections législatives anticipées qui suivront ? Qui sont les multiples candidats et comment vont-ils se départager ? Que proposent-ils ? Réponses ci-dessous dans ce dossier qui sera régulièrement mis à jour. Retrouvez des liens vers les décryptages des spécialistes des « Echos ». · Un calendrier électoral désormais fixé : Le Conseil des ministres a entériné le 1er juillet 2026 les dates de l'élection présidentielle qui aura lieu finalement les 18 avril et 2 mai 2027. Constitutionnellement, une autre possibilité existait : les 11 et 25 avril. L'article 7 de la Constitution stipule que « l'élection du nouveau président a lieu 20 jours au moins et 35 jours au plus avant l'expiration des pouvoirs du président en exercice ». Or le second mandat d'Emmanuel Macron s'achèvera le 14 mai 2027, ce qui donne un premier tour entre le 9 avril (35 jours avant) et le 24 avril (20 jours avant). Deux dimanches sont compris entre ces deux dates : le 11 et le 18. Le second tour devant se dérouler deux semaines plus tard. A peine connues, ces dates des 18 avril et 2 mai ont suscité une polémique : le second tour ayant lieu au lendemain de la Fête du travail, le 1er mai, qui sera donc soumise à la règle du silence politique. Aucune des solutions n'était idéale, les vacances scolaires de printemps s'étalant, selon les zones, du 3 avril au 2 mai 2027. L'option retenue permet de placer le tour décisif entre les deux candidats finalistes un dimanche où deux zones sur trois ne seront plus en congés et où « la troisième reviendra de vacances », a souligné un proche d'Emmanuel Macron, estimant qu'il s'agit du « moment où on peut espérer le plus de participation ». Cela permet aussi de raccourcir au maximum le temps qui s'écoulera entre ce vote et la prise de fonctions du vainqueur, autour du 13-14 mai, a-t-il plaidé. Le corollaire, c'est que le choix du futur président se fera le lendemain du 1er-Mai, journée de mobilisation syndicale aux accents souvent politiques. Or, la veille d'un scrutin, le Code électoral prévoit une pause de la campagne et interdit donc « toute propagande officielle », « toute réunion électorale », « toute distribution de tracts », ou tout entretien d'un candidat dans les médias. Plus largement, les camps politiques doivent s'abstenir de poursuivre les débats qui auront animé la campagne.

Calendrier des vacances scolaires de printemps

Du 3 au 19 avril 2027 : la zone C (Créteil, Montpellier, Paris, Toulouse, Versailles) Du 10 au 26 avril 2027 : la zone A (Besançon, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble, Limoges, Lyon et Poitiers) et la Corse Du 17 avril au 3 mai 2027 : la zone B (Aix-Marseille, Amiens, Lille, Nancy-Metz, Nantes, Nice, Normandie, Orléans-Tours, Reims, Rennes, Strasbourg) Des législatives dans la foulée ? Il y a de fortes chances que le ou la président(e) élu(e) décide très rapidement après sa prise de fonctions de dissoudre l'Assemblée nationale pour essayer d'avoir une majorité. Il ne lui sera en effet pas possible de gouverner avec l'Assemblée éclatée élue en juin 2024 et normalement en fonction jusqu'en 2029. Et sans doute le ou la nouvel (le) élu(e) voudra profiter de l'élan de la présidentielle. Selon l'article 12 de la Constitution, les élections législatives doivent avoir lieu « 20 jours au moins et 40 jours au plus après la dissolution ». Si l'annonce d'une dissolution intervenait dans la foulée de l'investiture à l'Elysée, cela donnerait un premier tour des législatives anticipées les dimanches 6, 13 ou 20 juin 2027. Le second tour aurait lieu une semaine après. Les dates clés : Entre fin janvier et début mars 2027 : convocation des électeurs et recueil par les candidats potentiels des 500 parrainages d'élus requis

Le 18 avril 2027 : premier tour de la présidentielle

Le 2 mai 2027 : second tour de la présidentielle

Le 14 mai 2027 : fin du mandat d'Emmanuel Macron

Entre les 6 et 27 juin 2027 : Possibles élections législatives anticipées · Qui sont les candidats ? C'est en ordre dispersé que les forces politiques ont mis le cap vers la présidentielle 2027. Certains partis se cherchent encore un poulain. Entre candidats déclarés ou dans les starting-blocks, personnalités qui y pensent très fort… la liste est longue. Pour se présenter, 500 parrainages d'élus locaux sont nécessaires. En 2022, 12 candidats avaient brigué la magistrature suprême. Le record de 16 candidats remonte à 2002. Etat des lieux à moins de huit mois de l'échéance (liste non exhaustive) : · AU CENTRE ET A DROITE : Le camp présidentiel et son socle commun (Renaissance, Modem, Horizons et certains LR) ouvrent la page de l'après-Emmanuel Macron sans héritier naturel. Deux anciens Premiers ministres de l'actuel chef de l'Etat se sont lancés officiellement dans la bataille : Edouard Philippe et Gabriel Attal. Si tous deux assurent qu'il faudra se rassembler d'ici à début 2027 pour avoir une chance de l'emporter, chacun reste persuadé de pouvoir s'imposer sur l'autre. Officieusement, ils se sont laissés d'ici à début 2027 pour faire campagne, ensuite le moins bien placé des deux est censé jeter l'éponge. A droite, chez Les Républicains, Bruno Retailleau a été désigné par un vote des adhérents. Et le libéral, David Lisnard a claqué la porte du parti au printemps pour se lancer seul avec son mouvement Nouvelle Energie. Face à la possibilité d'un second tour Mélenchon-Le Pen, les appels à une primaire pour désigner un candidat unique du centre et de la droite se font de plus en plus insistants. Une compétition qu'Edouard Philippe ne veut à aucun prix, espérant prendre un ascendant incontestable sur ses concurrents dans les sondages. Le périmètre d'une telle primaire demeure flou. Doit-elle être ouverte à Sarah Knafo ou Eric Zemmour, du parti d'extrême droite Reconquête ? Au contraire concerner « tous ceux qui rejettent les extrêmes », donc une grande primaire entre les candidats potentiels « du Parti socialiste, dans sa version sociale-démocrate, jusqu'aux gaullistes », comme le propose François Bayrou, le président du Modem ? · Edouard Philippe, ex-Premier ministre, président d'Horizons : L'ancien Premier ministre Edouard Philippe, ex-LR qui a fondé le parti Horizons et a pris ses distances avec Emmanuel Macron, semble, pour l'heure, le meilleur espoir de victoire du bloc de centre droit. Il est candidat depuis septembre 2024, et s'est lancé officiellement dans la campagne après avoir été réélu haut la main au Havre en mars 2026. A lire sur sa campagne électorale : A lire sur ses propositions : INTERVIEW - Edouard Philippe : « La mère de toutes les batailles, c'est l'équilibre des retraites» · Gabriel Attal, ex-Premier ministre, secrétaire général de Renaissance : L'ex-Premier ministre Gabriel Attal, bien que désormais à la tête du parti présidentiel Renaissance et chef de file des députés macronistes, a lui aussi choisi de s'émanciper d'Emmanuel Macron suite à sa décision surprise de dissoudre l'Assemblée en juin 2024. Après avoir publié le 23 avril un livre et multiplié les déplacements, il a officialisé le 22 mai, depuis un village de l'Aveyron, sa candidature. Au coeur de l'été, Gabriel Attal a occupé le terrain politique, quasiment déserté par les autres candidats, et multiplié les interviews et les déplacements pour tenter de rattraper son retard sur Edouard Philippe. A lire sur sa campagne électorale : A lire sur ses propositions : Face à cette rivalité entre Edouard Philippe et Gabriel Attal, des voix commencent à émerger pour envisager une autre candidature qui mettrait tout le monde d'accord. Pour François Bayrou, c'est Thierry Breton, l'ex-commissaire européen, « seul responsable politique en Europe qui ait résisté à Trump et résisté à Poutine », qui est « capable de rassembler large ». Mais l'ancien ministre de Jacques Chirac a déjà dit qu'il ne souhaitait pas concourir. Ils sont plusieurs également à souhaiter un retour d'un autre Premier ministre d'Emmanuel Macron, Jean Castex, issu de LR. Et ce dernier n'a pas complètement infirmé, se contentant d'un sibyllin : « Personne ne peut jamais fermer la porte à rien. » Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, est également régulièrement cité, mais il a réaffirmé fin août ne pas être candidat. « Je ne sais pas dans quelle langue il faut que je le dise ! », « Je ne suis pas candidat à l'élection présidentielle. Je ne me mêle pas de la campagne présidentielle. », a-t-il lancé. En retour, « je demande donc aux candidats à la présidentielle de ne pas entraver davantage l'action du gouvernement », a-t-il ajouté. · Bruno Retailleau, président des Républicains : Bruno Retailleau, le président des Républicains, a été désigné le 19 avril 2026, par un vote des adhérents, candidat officiel du parti. Le résultat de cette consultation interne faisait peu de doute, tant elle semblait taillée sur mesure. Mais ce plébiscite des adhérents n'a pas fait taire les critiques, ni mis un terme aux ambitions d'autres ténors du parti. L'ex-ministre de l'Intérieur s'est lancé officiellement dans la course à l'Elysée le 12 février 2026, en tentant notamment de faire revenir au bercail les électeurs de droite partis du côté du RN, mais sa candidature peine à décoller. A lire sur sa campagne électorale : A lire sur ses propositions :

· David Lisnard, ex-LR, président de Nouvelle Energie

Facilement réélu maire de Cannes en mars, le libéral David Lisnard a claqué au printemps la porte de LR pour se lancer seul dans la course à la présidentielle avec son mouvement Nouvelle Energie. Celui qui est aussi président de l'Association des maires de France, est crédité, lorsqu'il est testé, de 3 à 3,5 % des intentions de vote. Il réclame, lui aussi, une primaire qui lui permettrait de gagner en visibilité. Il défend cette compétition pour « éliminer les macronistes » avant le premier tour. · D'autres candidats possibles : D'autres ténors de la droite continuent de jouer leur partition. Ainsi le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand ne cache pas son désir d'être de nouveau candidat sur une ligne hostile à tout rapprochement avec l'extrême droite. Il a confirmé fin août son intention de se lancer dans la course, mais en précisant que le « moment n'était pas venu » d'annoncer officiellement sa candidature. Il refuse de participer à une primaire, se disant « vacciné » après sa défaite il y a cinq ans lors de la compétition interne à LR, dont il avait été éliminé dès le premier tour. L'ex-Premier ministre Michel Barnier continue lui aussi d'avancer ses propres propositions programmatiques et donne rendez-vous à l'automne « pour dire qui est le mieux placé » à droite et au centre, rappelant qu'il se sent « capable d'être président ». Issu de la droite mais sur un positionnement ni droite-ni gauche, l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin se prépare lui aussi activement. Toujours pas officiellement en lice, il a toutefois fait un pas supplémentaire fin août : « Je veux être candidat à l'élection présidentielle, oui bien sûr. Et je le confirmerai quand la campagne électorale aura commencé », a-t-il assuré, jugeant que « pour le moment nous n'avons rien de sérieux à nous mettre sous la dent ». Crédité de 2 % des intentions de vote dans les sondages où il est testé, il a exclu de participer à une primaire, considérant que « ce n'est pas le bon mode de fonctionnement », mais plutôt « le dernier gadget des désespérés ». Il affirme avoir tiré les « leçons » de son éphémère candidature en 2012, avortée faute des 500 parrainages requis. ------------------------------------- · A L'EXTREME DROITE : · Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l'Assemblée, ex-candidate à la présidentielle : Pour le Rassemblement national, empêché pendant des mois de savoir qui de Marine Le Pen ou Jordan Bardella serait son champion dans la course à l'Elysée, tout s'est joué le 7 juillet 2026 avec l'arrêt de la cour d'appel de Paris dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Front national. Si les juges ont reconnu Marine Le Pen coupable de détournement de fonds publics, ils ne l'ont condamnée qu'à 45 mois d'inéligibilité, dont 30 mois avec sursis, lui laissant la possibilité de se présenter pour la quatrième fois à l'élection présidentielle. Sitôt la décision de justice connue, la députée du Pas-de-Calais a confirmé qu'elle serait bien la candidate du RN pour l'Elysée. Mais elle a formé en parallèle un pourvoi en cassation, ce qui a suspendu sa peine d'un an d'emprisonnement sous forme de détention à domicile avec port d'un bracelet électronique. La Cour de cassation a indiqué qu'elle devrait pouvoir statuer « au plus tard début avril 2027 » sur ce pourvoi. En cas de rejet, Marine Le Pen pourrait théoriquement être astreinte à porter un bracelet électronique avant le premier tour de la présidentielle, le 18 avril, une hypothèse néanmoins incertaine tant les délais d'exécution de peines peuvent être longs de plusieurs semaines. A lire sur la décision de la cour d'appel et l'annonce de candidature de Marine Le Pen : A lire sur la campagne électorale du RN : A lire sur les propositions du RN : · D'autres candidats possibles : Eric Zemmour devrait de nouveau tenter sa chance et a indiqué qu'il comptait annoncer sa candidature « avant décembre », semblant ainsi écarter une candidature de sa compagne Sarah Knafo, la très médiatique vice-présidente de son parti d'extrême droite Reconquête. Favorable à une primaire de la droite, il dit ne « plus trop » y croire. Candidat sorti de nulle part pour la présidentielle de 2022, il avait connu une percée éclair dans les sondages à l'automne 2021, puis une stagnation suivie d'une chute dans les dernières semaines de la campagne. Il était finalement arrivé quatrième du premier tour, avec 7,07 % des voix. Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, qui a été trois fois candidat à la présidentielle et s'était rallié à Marine Le Pen au second tour en 2022, se dit déterminé pour une quatrième tentative. L'ancien vice-président du Front national, Florian Philippot, a annoncé lui aussi être candidat. Il a cependant précisé qu'il se retirerait en cas de « candidature plus rassembleuse » dans le camp souverainiste, à savoir celle de Philippe de Villiers. L'ancien bras droit de Marine Le Pen, favorable à une sortie de la France de l'Union européenne et de l'Otan, avait voulu candidater en 2022, mais il n'avait obtenu qu'un parrainage sur les 500 signatures nécessaires. ------------------------------------- · A GAUCHE : Dans l'arc social-démocrate, tout le monde s'accorde sur l'idée qu'il faut un candidat unique sur le périmètre de la gauche hors LFI, pour espérer passer devant Jean-Luc Mélenchon, le centre et la droite, afin de se qualifier au second tour. Mais l'absence d'un candidat naturel dans ce périmètre aiguise les ambitions. La campagne s'est accéléré cet été avec le choix du processus pour désigner le futur candidat soutenu par le PS. Les militants socialistes ont finalement opté mi-juillet pour une primaire fermée, réservée donc aux seuls adhérents du parti et des « organisations politiques se reconnaissant comme faisant partie du pôle socialiste ». Il a été décidé que le vainqueur sera ensuite chargé de construire le rassemblement de la gauche et des Ecologistes à travers un « programme commun », un « accord législatif » et un « contrat de gouvernement ». Sans se soumettre - et donc en enterrant - la large « primaire de la gauche unitaire », envisagée pour le 11 octobre et à laquelle plusieurs personnalités écologistes ou ex-LFI (Marine Tondelier, Clémentine Autain, François Ruffin…) devaient participer. Ce scrutin n'a du coup plus lieu d'être. · Les candidats à la « primaire socialiste et démocratique » : La « primaire socialiste et démocratique » aura lieu les 9-10 et 16-17 octobre 2026. Les candidats doivent se déclarer d'ici au 15 septembre. Pour pouvoir se présenter, il faut les parrainages de 15 membres du conseil national du PS (pour les socialistes), ou de 10 parlementaires, ou de 50 conseillers régionaux ou départementaux sur 8 départements et 3 régions ou de 50 maires répartis sur 3 régions. Pourront voter les militants socialistes et de Place publique « à jour de cotisation », ainsi que les personnes qui adhèreront à un des deux partis ou s'acquitteront d'une cotisation de 15 euros (10 euros pour le tarif social). Ils sont actuellement sept à vouloir annoncer leur participation.

· Raphaël Glucksmann, co-confondateur de Place publique

Après de longs mois à tergiverser, Raphaël Glucksmann a sans grande surprise officialisé le 23 août sa candidature à la présidentielle et annoncé qu'il participerait finalement à la primaire. Le cofondateur de Place Publique peut déjà compter sur le soutien de plusieurs figures du PS (Boris Vallaud, Carole Delga, Nicolas Mayer-Rossignol…) mais aussi d'un ancien candidat à la présidentielle, l'écologiste Yannick Jadot, qu'il a chargé de préparer « la mise en place d'un état d'urgence écologique ». Raphaël Glucksmann, qui a conduit par deux fois une liste PS-Place publique aux élections européennes et se positionne sur une ligne anti-LFI affirmée, est pour l'instant le mieux placé au sein de la famille social-démocrate dans les enquêtes d'opinion (entre 10 et 15 %), mais à bonne distance d'une éventuelle qualification au second tour.

· Olivier Faure, premier secrétaire du PS

Au lendemain de son discours en clôture de l'université d'été de Blois, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, s'est déclaré candidat à la primaire de la gauche. C'est la première fois que celui qui a pris les rênes du parti au moment de la débâcle socialiste après le quinquennat de François Hollande brigue l'Elysée. En 2022 il avait laissé la place à Anne Hidalgo, l'ex-maire de Paris, qui a réalisé le plus mauvais score de l'histoire du parti, avec 1,7 % des voix. Le député de Seine-et-Marne plafonne dans les sondages entre 3,5 et 5 %, quand il est testé.

· Jéromé Guedj, député

Jérôme Guedj a surpris en étant le premier socialiste à annoncer en février 2026 sa candidature à la présidentielle. Le député de l'Essonne, spécialiste des questions de protection sociale, dit vouloir « porter la voix d'une gauche républicaine, d'une gauche européenne, d'une gauche universaliste, laïque, sociale, écologiste ». Ancien proche de Jean-Luc Mélenchon, qui l'a pris sous son aile à ses débuts, puis artisan de la Nouvelle Union populaire, écologique et sociale (Nupes), Jérôme Guedj a rompu définitivement avec son mentor au lendemain du 7 octobre 2023, lui reprochant son « ambiguïté » et ses contorsions au moment de qualifier de « terroriste » l'attaque du Hamas. Il entend incarner une ligne « intransigeante » sur les questions d'antisémitisme, de racisme, de laïcité et d'universalisme.

· Philippe Brun, député

Le député PS de l'Eure Philippe Brun, a annoncé dès la fin juin qu'il comptait être candidat à la primaire interne du PS. « Une candidature d'idées », a justifié le « Monsieur économie du PS », vice-président de la Commission des finances à l'Assemblée nationale, qui veut incarner une gauche qui s'adresse aux classes populaires, aux territoires périurbains et ruraux. · et aussi : Dès l'accord sur l'organisation de la primaire validé, Ségolène Royal, finaliste malheureuse de la présidentielle de 2007, a annoncé qu'elle y participerait « après de nombreux échanges avec des gens rencontrés, des élus, des citoyens actifs dans des associations, des entreprises ». « J'ai été plusieurs fois ministre, j'ai été parlementaire quatre fois et j'ai été présidente de région, donc je connais à la fois le local, le global, l'appareil d'Etat », justifie-t-elle, expliquant que « les sujets d'actualité, ce sont des sujets sur lesquels j'ai beaucoup travaillé ». Le député Emmanuel Maurel, qui a claqué la porte du PS en 2018 et préside le petit parti Gauche républicaine et socialiste (GRS), est candidat « pour porter une voix singulière, à la fois pour la France, pour la gauche et puis pour l'Europe ». Emmanuel Maurel, qui siège actuellement au sein du groupe communiste à l'Assemblée nationale, a affirmé avoir pour priorités d'« enrayer le déclin français » et de « défendre les travailleurs ». L'ancien maire de Chateaudun (Eure-et-Loir) et ex-socialiste Fabien Verdier a annoncé être candidat afin de porter la voix de la France « des terroirs » et des « sous-préfectures » et défendre la « justice territoriale ». Ancien secrétaire national du PS, qu'il a quitté vers 2017, ce directeur d'hôpital était déjà candidat à la primaire du PS de 2016, mais n'avait pas recueilli le nombre de signatures suffisants. · En dehors de la primaire :

· François Hollande, ex-président de la République

L'ancien président de la République François Hollande a indiqué se préparer. Il a prévenu qu'il ne se présentera pas pour être « une candidature de témoignage », mais se voit en recours si aucune personnalité de gauche ne s'imposait naturellement. Il enjambe donc la primaire et s'il devait se déclarer candidat cela ne serait pas avant décembre, à l'orée de la dernière ligne droite de la campagne présidentielle. Mais il avance d'ores et déjà ses pions et a publié un livre - « Unir, nouveau monde, nouvelle gauche » - où il dévoile son projet pour la France. Et pose la question d'« union sacrée des démocrates » allant « au-delà des formations politiques ».

· Bernard Cazeneuve, ex-Premier ministre

L'ancien Premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve, qui a créé en 2022 son mouvement, La Convention, après avoir quitté le PS pour marquer son opposition à l'alliance passée avec LFI, avance, lui aussi, sur une candidature. Il a publié une « lettre aux Français » de 86 pages et dressé une ébauche programmatique. Pas question pour lui non plus de participer à la primaire de l'espace socialiste : « Ce n'est pas à une primaire qu'on nous invite mais, je le redoute, à une dernière », a-t-il taclé en appelant à « un large rassemblement qui va bien au-delà des périmètres des primaires étriquées ». Il appelle à former une « coalition des engagés » composée de « républicains ardents » de gauche, du centre et des « modérés ».

· Karim Bouamrane, maire PS de Saint-Ouen

Le maire socialiste de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, ne participera pas à la primaire, mais a confirmé sa candidature à la présidentielle annoncée début juin. « En décembre, janvier, on verra que la personne qui sera le mieux placée dans les sondages pour rassembler les Français, ce sera ma personne », a affirmé l'élu qui a fait de « la gagne » son mantra. · Et aussi à gauche :

· Marine Tondelier, secrétaire générale des Ecologistes

Marine Tondelier a été désigné candidate des Ecologistes en vue de la primaire unitaire de la gauche. Alors que les militants PS ont préféré une « primaire fermée » avec Place publique, elle maintient sa candidature et s'est dit prête à « rediscuter avec tout le monde à gauche, sans exclusive », en passant notamment par des « rencontres bilatérales », pour « conjurer [la] chronique d'une défaite annoncée ». Sans grand succès jusqu'à présent. D'autant que les Ecologistes sont tiraillés sur leur stratégie : maintenir la candidature autonome de Marine Tondelier, qui ne décolle pas dans les sondages, soutenir un candidat social-démocrate - à l'instar de Yannick Jadot avec Gabriel Glucksmann - ou se rallier à Jean-Luc Mélenchon - à l'instar de Sandrine Rousseau qui appelle son parti à trancher via un vote. D'autant que LFI leur propose un accord « global et au carré » portant sur la présidentielle, les élections législatives qui suivront et les régionales de 2028.

· François Ruffin, député de la Somme

François Ruffin, trublion de la gauche, chantre de la défense des classes populaires devenu chef du petit parti Debout ! après son départ de LFI, militait pour une grande primaire « geyser » de toute la gauche, dont il s'était porté candidat dès le printemps 2025. Alors qu'un tel processus a été enterré, il maintient sa candidature mais peine à trouver son couloir, entre un Jean-Luc Mélenchon qui fait la course en tête à gauche et une primaire socialiste qui ne l'inclut pas. Aux Journées du PS il a dit regretté que « ce suffrage, (ce soit) comme à l'entrée d'une boîte de nuit où il y a un videur qui vient vous dire : « Non, tu n'as pas la bonne gueule » ». A tous ces prétendants s'ajoutera très certainement la candidature à venir du communiste Fabien Roussel, qui devrait être investi par le PCF début septembre. Le banquier d'affaires, entrepreneur et patron de presse, Mathieu Pigasse, qui a travaillé avec Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius quand ils étaient à Bercy, se dit, lui « prêt » si la gauche a besoin de lui. ------------------------------------- · Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise : Fidèle à son animal totem, la tortue, Jean-Luc Mélenchon a lancé sa quatrième candidature présidentielle à un an de l'échéance, en espérant qu'elle infuse dans l'opinion publique. Il bénéficie d'une organisation bien rodée, qui a déjà fait ses preuves. La France insoumise, créée en 2016, a fait de bons résultats aux présidentielles de 2017 (19,6 %) et 2022 (22 %) en se plaçant largement en tête à gauche mais sans jamais arriver au second tour. En 2022, il avait échu à la troisième place au premier tour avec 21,95 %, soit 1,2 point derrière Marine Le Pen et 420.000 voix près. Lors de son premier meeting de campagne présidentielle, le 7 juin 2026 à Saint-Denis, Jean-Luc Mélenchon a tenu à s'imposer comme la seule option possible à gauche pour l'emporter face au RN. « Chaque voix compte dès le premier tour […] Le deuxième tour, ceux qui n'ont aucune chance d'y accéder devraient se garder de nous empêcher d'essayer de le gagner », a prévenu le candidat LFI, à l'attention du reste de la gauche. Selon les configurations de premier tour, les sondages le placent en cette rentrée en capacité de se hisser au second tour. A lire sur sa campagne électorale : A lire sur ses propositions : ------------------------------------- · A L'EXTREME GAUCHE : La représentante du parti trotskiste Lutte ouvrière, Nathalie Arthaud, a annoncé sa quatrième candidature. Elle avait recueilli 0,56 % des voix en 2022. Le parti d'extrême gauche du NPA-Révolutionnaires, issu de l'ex-Nouveau Parti anticapitaliste, sera représenter par sa porte-parole, Selma Labib. Cette conductrice de bus était la tête de liste du NPA-R aux européennes de 2024, où le parti avait réuni 0,15 % des voix. Anasse Kazib compte représenter à nouveau l'autre organisation trotskiste née de la scission du NPA, Révolution permanente. En 2022, le syndicaliste avait échoué à réunir les 500 parrainages nécessaires. Quant au NPA-Anticapitaliste, parti de Philippe Poutou et Olivier Besancenot issu de la scission du NPA, il ne présentera pas de candidat et soutiendra Jean-Luc Mélenchon.

Valérie Mazuir