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Montrouge, Fréjus, Aulnay-sous-Bois… Ces villes où la taxe foncière flambe malgré une année 2026 placée sous le signe de la modération

Les Échos · 04/09/2026 · ← revue

Par Laurent Thévenin

Alors que les avis de taxe foncière pour 2026 commencent à arriver chez les propriétaires, la facture ne devrait se renchérir que modérément pour la plupart d'entre eux. Les maires et présidents d'intercommunalités n'ont pas trop touché au levier fiscal. Les taux de la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) ont été reconduits à l'identique par 85,8 % des communes et 92,2 % des intercommunalités, selon une récente note de la Direction générale des finances publiques (DGFIP). Pour la majorité des contribuables acquittant la taxe foncière, la hausse se limitera donc à +0,8 %, soit la revalorisation automatique des valeurs locatives qui servent de base au calcul de cet impôt local - sauf dans les 217 communes qui ont baissé leur taux. Cet ajustement annuel dépend de l'évolution de l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) de novembre à novembre. En raison de l'inflation, cette revalorisation - qui concerne tous les propriétaires - avait été plus élevée les années précédentes (+1,7 % en 2025, +3,9 % en 2024 et +7,1 % en 2023).

Des majorations contenues

En 2026, 13,6 % des communes - soit 4.731 d'entre elles - ont relevé leur taux de TFPB. Soit légèrement plus qu'en 2025 (12,6 %), l'année qui précédait les élections municipales. Au total, ces hausses du taux communal concernent « 8,2 % de la population ». « La tendance est plus marquée pour les habitants des communes de moins de 3.500 habitants », note la DGFIP. Les taux communaux n'ont pas bougé dans les villes de plus de 100.000 habitants, à l'exception de Nice, où le nouveau maire Eric Ciotti (Union des droites républicaines) a baissé le taux de TFPB de 13,3 % comme il s'y était engagé pendant la campagne des municipales. Parmi les communes de 10.000 à 100.000 habitants, 58 ont voté une hausse de taux (contre 22 en 2025). C'est le cas notamment d'Aulnay-sous-Bois (+29,9 %) et de Drancy (+14,1 %), en Seine-Saint-Denis, de Montrouge (+25 %) et Clamart (+16,9 %), dans les Hauts-de-Seine, de Fréjus (+22,4 %) dans le Var, ou de Bastia (+13,7 %) en Haute-Corse, comme l'avait pointé l'étude annuelle du cabinet FSL sur les taux d'imposition des grandes collectivités locales. A Ajaccio (Corse-du-Sud), la hausse de 19 % des taux des impôts directs locaux votée par la ville était nécessaire, selon la mairie, « pour fortifier sa capacité d'investissement et faire face à la baisse des financements extérieurs ».

L'addition s'annonce plus élevée en 2027

« On doit trouver des recettes supplémentaires pour pouvoir reconstruire », a justifié pour sa part mardi dernier sur Mayotte La 1ère, Ambdilwahedou Soumaïla, le maire de Mamoudzou. L'édile de la plus grande ville de Mayotte - l'archipel qui avait été dévasté par le cyclone Chido fin 2024 - avait fait voter au printemps une hausse de 95,5 % (!) du taux de taxe foncière. En règle générale, les majorations des taux communaux sont restées contenues en 2026, n'excédant pas 2 points dans 82 % des cas. Seule une vingtaine de communes ont passé des augmentations supérieures à 25 points. Du côté des intercommunalités, elles ne sont que 95 sur 1.250 à avoir relevé le taux pour la TFPB, avec là aussi des augmentations ne dépassant généralement pas les 3 points. Pour 2027, l'addition s'annonce d'ores et déjà plus élevée. Avec le regain d'inflation, le niveau de la revalorisation automatique des valeurs locatives sera plus haut qu'en 2026. Sans compter que les élus locaux ont plutôt tendance à faire passer les hausses d'impôts locaux en début de mandat.

Laurent Thévenin