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« C’est devenu la ville à fuir » : pourquoi ces habitants de la périphérie boycottent le centre-ville de Rennes

Le Télégramme · 04/09/2026 · ← revue

Avez-vous renoncé à venir à Rennes en dehors du travail ? Sur 74 réponses reçues à notre appel à témoignages sur letelegramme.fr, la très grande majorité des habitants vivant hors de la capitale bretonne affirment avoir renoncé à venir à Rennes. Seulement cinq indiquent qu’ils n’ont pas complètement abandonné. Stationnement, commerces, transports : ces habitants de la périphérie expliquent les raisons de cette rupture.

Margot, 32 ans, Gosné

« Avec la ligne B et les parcs relais, on a des places larges et garanties avec un accès facile au centre, sans faire un long trajet pour repartir. La densité de magasins est aussi plus forte dans le centre de Rennes. Je peux grouper mes besoins et faire plusieurs enseignes en une demi-journée sans avoir à prendre constamment la voiture entre deux. »

Le Mensuel de Rennes

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L’offre de transports est très satisfaisante

Nicolas, Le Rheu

« Il est très facile d’aller à Rennes en transports en commun et à vélo. L’offre de transports est très satisfaisante entre Le Rheu et Rennes. »

Corentin, Saint-Grégoire

« Travaillant à Saint-Grégoire et allant de temps en temps le midi à Rennes, j’estime qu’il y a plein de moyens assez simples pour se rendre dans le centre, mais qu’ils sont méconnus. »

Adeline, Iffendic

« Je ne dirais pas que je ne viens plus à Rennes, mais il me faut une bonne raison, comme une expo. J’ai fait le choix, il y a plus de quinze ans, de prendre le train pour me rendre à Rennes pour le travail. En général, j’y fais des choses après le travail. Commencer sa journée de boulot par 45 minutes de voiture les bons jours, c’est insupportable ! »

Mathieu, Betton

« Mes incursions intra-rocade se limitent au centre Leclerc de Cleunay ou à Grand Quartier car c’est plus pratique. En revanche, aller en centre-ville est toute une organisation. 7 à 8 € pour quelques heures dans un parking, avec des coins peu accueillants comme l’esplanade Charles-de-Gaulle, République ou Sainte-Anne, ça ne donne pas envie de s’y arrêter en raison de l’insécurité ressentie. »

Mathilde, 38 ans, Piré-sur-Seiche

« Venir à Rennes demande entre 30 et 40 minutes. Beaucoup de services publics sont accessibles aux Rennais (médiathèque, musées…), mais lorsqu’on est de l’extérieur, inscrire son enfant à une activité demande une énorme organisation. Prendre la voiture et rentrer en métro le soir vers 23 h 30 peut être difficile pour une femme à certaines stations. »

On a l’impression que la mairie fait tout pour dissuader les gens de venir

Serge, Bourgbarré

« Il n’y a aucune considération pour les habitants extra-rocade. Par exemple, les parcs relais sont tous intra-rocade ! Le stationnement est impossible en soirée en centre-ville. Beaucoup de commerçants extra-rocade ont compris qu’il y a une clientèle à séduire et proposent de belles offres de service. »

Fanny, Martigné-Ferchaud

« Je ne vais à Rennes que pour des besoins spécifiques. Je ne travaille pas à Rennes et je n’y vais même pas une fois par semaine. J’ai tout ce dont j’ai besoin dans ma commune et aux alentours. Rennes est devenue la ville à fuir. Si je peux aller ailleurs pour un besoin spécifique, je le fais. La circulation est compliquée, sans parler des stationnements. »

Stéphanie, Poligné

« J’ai tout à proximité à Bain-de-Bretagne. Si on veut aller en centre-ville de Rennes, il y a toujours de la circulation sur l’axe Nantes-Rennes. Je trouve le métro cher quand on y va à deux. Pour la journée, je préfère payer un parking. Le climat de la ville s’est détérioré, avec plus d’insécurité qu’avant. Les commerces du centre-ville ne se démarquent pas de ceux des petites villes. »

Marcher après minuit, par expérience, je ne le conseille pas

Sandra, Rimou

« On a l’impression que la mairie fait tout pour dissuader les gens de venir à Rennes en voiture. Sauf que prendre les transports en commun quand on a des courses ou du shopping à faire, c’est compliqué. Et, dans les transports en commun, on peut voir des incivilités, des violences parfois. Rennaise d’origine, je privilégie aujourd’hui les centres commerciaux en périphérie. »

Frédéric, Crevin

« L’accès à Rennes est compliqué, sans parler de la population de la dalle du Colombier. Il faut payer l’essence pour y aller, plus le parking ou le métro. Pas intéressant pour une famille de quatre. Je trouve tout ailleurs et l’animation le soir, je m’en passe. Marcher dans Rennes après minuit, par expérience, je ne le conseille pas. »

Gaétan, Vignoc

« Je n’y vais plus à cause des conditions de circulation et de stationnement. Les transports en commun sont insuffisants. La métropole se replie sur elle-même et rejette tout ce qui vient de l’extérieur. Si je ne devais pas m’y rendre pour le travail, je n’y mettrais plus les pieds et j’éviterais les bouchons et tous les désagréments largement créés par la politique de l’urbanisme. »