Algues vertes : en Bretagne, la Cour des comptes fait le service après-vente de son dernier rapport [Vidéo]
Le lieu n’a pas été choisi au hasard : ce vendredi 4 septembre, Amélie de Montchalin se tient face à l’estuaire du Gouessant, sur la commune de Lamballe Armor, là où un sanglier a été retrouvé mort en 2024, intoxiqué par les effluves des algues vertes en putréfaction. Juchée sur la falaise, la nouvelle présidente de la Cour des comptes vient restituer les conclusions du dernier rapport de l’institution sur la lutte contre les marées vertes, une politique publique à la main de l’État. « Beaucoup de choses ont été faites et cela se traduit par des résultats », souligne-t-elle, en pointant la baie, où les échouages sont en baisse ces dernières années. Même si toutes les recommandations de la juridiction n’ont pas été suivies depuis 2021, date d’un premier rapport sévère qui demandait aux pouvoirs publics de changer d’échelle face au phénomène d’origine agricole. « La moitié a été appliquée. Il y a encore du travail à faire. »
« Il y a eu un changement de logique »
Un exercice nouveau pour l’ex-ministre d’Emmanuel Macron, dont la nomination à la tête de l’institution avait fait polémique. Astreinte à la neutralité, Amélie de Montchalin se risque tout de même à aller un peu plus loin que l’objet du rapport, en commentant la nouvelle feuille de route de l’État, tout juste officialisée. La préfecture a, en effet, présenté une nouvelle batterie de mesures cet été. Elles prévoient notamment de durcir les sanctions pour les agriculteurs dont les sols afficheraient des taux d’azote trop élevés. « Il y a eu un changement de logique », se félicite-t-elle. « Nous étions auparavant dans une démarche très administrative. Désormais, on est dans une obligation de résultat, avec des sanctions prévues pour les exploitations lorsque les objectifs minimaux ne sont pas atteints. » C’était précisément l’une des demandes de la Cour des comptes. Signe, veut convaincre sa nouvelle patronne, que l’institution a toute son utilité.