Présidentielle : où en sont les candidats dans leur quête de parrainages pour se présenter en 2027 ?
Embouteillage de candidats dans la course à l’Élysée. À gauche, à droite, au centre, aux extrêmes… Au jeudi 3 septembre 2026, une bonne trentaine de personnalités politiques (mais pas que) avaient déjà annoncé officiellement leur candidature à l’élection présidentielle programmée au printemps 2027. Ou, a minima, ils affichaient clairement leur volonté de se lancer dans la bataille électorale. Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau, Raphaël Glucksmann, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen… Tous ont l’ambition de succéder à Emmanuel Macron, qui cédera les rênes du pouvoir dix ans après sa première élection. Certains d’entre eux devront passer par la case primaire, notamment à gauche chez les socialistes. Du côté de la droite et du centre, l’idée d’organiser un vote préalable pour désigner un candidat commun peine à convaincre les membres des partis concernés, malgré des appels qui se multiplient.
500 parrainages nécessaires
La course aux parrainages, elle, est lancée. Car pour qu’une candidature soit validée par le Conseil constitutionnel, il faudra en recueillir au moins 500 auprès de parlementaires, de maires, ou encore de présidents de métropoles, d’ici le 12 mars prochain. Par voie de presse, quelques candidats ont avancé des chiffres, correspondant à des intentions ou des promesses de signatures. L’ancien Premier ministre Édouard Philippe devrait passer cette étape sans problème : « Les 500 signatures, on les a depuis longtemps », affirmait l’entourage du maire du Havre à La Dépêche du midi dès janvier 2025. Président de l’Association des maires de France, le Cannois David Lisnard, qui a quitté Les Républicains pour se présenter, assure lui aussi avoir déjà recueilli suffisamment de promesses de parrainages. Compte tenu de l’ancrage historique de son parti dans les collectivités locales, Bruno Retailleau, largement désigné lors d’une primaire LR, ne devrait avoir aucun mal à les obtenir. Tout comme Lutte ouvrière et Nathalie Arthaud, qui bénéficient aussi de ces ancrages locaux. Une règle obsolète ? S’il n’est pas officiellement lancé dans la course, Dominique de Villepin ne fait pour autant plus grand mystère de ses ambitions. Dimanche 29 août sur BFMTV , l’ancien chef de gouvernement de Jacques Chirac confirmait vouloir « se battre » pour la présidence et déclarait avoir obtenu « plusieurs centaines » de parrainages, mais « pas suffisamment » encore. Du côté du Rassemblement national, le parti d’extrême droite affirme avoir déjà recueilli 400 promesses de soutien pour Marine Le Pen. Une situation diamétralement opposée à celle vécue par la finaliste du scrutin 2022, qui avait connu, à l’époque, des difficultés pour rassembler les parrainages requis afin de se présenter au premier tour. Cette fois, selon Franceinfo , c’est de l’autre côté de l’échiquier politique que ça patine : La France insoumise et Jean-Luc Mélenchon n’aurait, pour l’heure, obtenu que 200 parrainages. Une situation « qui inquiète » au sein du parti de gauche radicale, écrivent nos confrères. Au RN et à LFI, cette règle, mise en place par le général de Gaulle en 1962, est jugée obsolète.
« Un filtre pour les candidatures fantaisistes »
Mais à l’époque, il ne fallait que cent parrainages pour voir son nom apparaître sur les bulletins de vote. Depuis 1976, 500 signatures provenant de 30 départements différents sont nécessaires. Comme le rappelle le site Vie publique, ce système constitue « un filtre » important afin d’écarter les candidatures « fantaisistes ou de témoignages ». Par le passé, certains candidats de renom ont pourtant dû renoncer : Christiane Taubira en 2022, Corinne Lepage en 2012, Charles Pasqua en 2002… Interrogé en conférence de presse ce jeudi, Gabriel Attal, autre ex-locataire de Matignon, ne se fait pas trop de souci : il les aura, ses parrainages. « Aux municipales, nous avons augmenté notre nombre d’élus locaux », argumente-t-il. Mais que pense-t-il de cette règle ? Pour l’ancien ministre de l’Éducation nationale, ce débat n’a pas lieu d’être en début de campagne. Il faut y réfléchir bien en amont du scrutin. S’il est élu président de la République en mai prochain, il s’engage « à y réfléchir dans la concertation ».